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Grèce : les remboursements des dettes fiscales sont décevants

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Grèce : les remboursements des dettes fiscales sont décevants

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Ce n’est pas un secret : le gouvernement grec a un urgent besoin d’argent . Pour une semaine, du 20 au 27 mars, il a donc donné la possibilité aux contribuables qui doivent de l’argent à l’Etat de rembourser tout ou partie de leur dette.
Mais pour des gens comme Miltos Ballis, 40 ans, père de deux enfants; ce n’est pas si simple. Il doit 8.000 euros au fisc, mais il a aussi une famille à nourrir.

“Ils pensent à collecter l’argent de partout. Si quelqu’un a de l’argent il paiera, sinon tu choisis tes enfants. Moi, affirme Miltos Ballis, j’en donnerai un peu, ce que je pourrai, mais mes enfants sont plus importants que tout, comme dans toute famille grecque… On touchait un revenu mais il a diminué pour moi et pour ma femme. On a pas pu faire face et les difficultés ont commencé”.

L’offre est pourtant favorable : le fisc grec efface les amendes sur les dettes à hauteur du remboursement durant cette semaine du grand pardon.

“Le temps est venu et pas seulement pour ceux qui veulent profiter de cette offre favorable du gouvernement grec mais aussi pour l’exécutif grec. Piégé par des caisses vides, il comptait sur ces revenus pour rembourser des dettes obligataires en Grèce et à l‘étranger”, explique Symela Touchtidou, notre correspondante permanente à Athènes.

La semaine du 20 au 27 mars n’a pas donné les résultats escomptés en termes de recettes. Jeudi matin, seulement 60 millions d’euros avaient été récupérés. Le Trésor grec espère pourtant que ce chiffre va gonfler avant vendredi soir.

“Il y a des cas de remboursement qui portent sur de très vieilles dettes, affirme Sofia Sexperidou du secrétariat des recettes publiques. Certaines datent de 1977. On connaîtra le résultat la semaine prochaine, mardi ou mercredi, quand nous aurons les données définitives de la part des banques”.

Les dettes fiscales en Grèce atteignent 74 milliards d’euros : c’est 40% du PIB grec et 90% des recettes fiscales d’une année.
On estime généralement à 20% de ce montant, les sommes récupérables.

“Les grecs n’ont pas une culture de non remboursement. Ce n’est pas un peuple qui délaisse ses obligations, explique Antonis Mouzakis, conseiller fiscal. C’est un fait acquis. Mais les épreuves du passé l’ont fait réfléchir à maintes reprises sur l’opportunité de payer ses impôts”.

Beaucoup pensent aussi que les grecs estiment que leurs dettes fiscales seront effacées; tôt ou tard.