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Scrutin présidentiel sous haute tension au Nigeria

Les Nigérians sont appelés aux urnes ce samedi pour choisir leur président et élire leurs représentants au parlement.

Le scrutin s’annonce serré entre le président sortant, Goodluck Jonathan, et son principal adversaire : l’ancien général Muhammadu Buhari.

En 2011, leur confrontation électorale avait tourné à l’affrontement sanglant dans les rues du Nigeria.

Un millier de personnes étaient alors décédées dans ces violences.

Pour éviter que le scénario de 2011 ne se reproduise, les deux candidats ont signé un pacte de non-violence et se sont engagés à accepter les résultats des élections, quels qu’ils soient.

Goodluck Jonathan a exhorté ses concitoyens et le monde politique à faire preuve de maturité politique pour que le pays le plus peuplé d’Frique serve d’exemple aux démocraties émergentes.

“Il faut que, tous autant que nous sommes : chefs de partis politiques, opposants, membres de partis politiques, sympathisants, militants politiques ou simples électeurs, nous ayons tous conscience que le monde entier nous regarde”, a-t-il déclaré.

Le spectre de ces violences politiques est loin d‘être la seule menace qui plane sur ce scrutin.

Boko Haram a promis de perturber les élections, en représailles aux opérations militaires menées à son encontre dans le nord-est du pays.

Les insurgés islamistes viennent d’ailleurs de prêter allégeance au groupe Etat Islamique.

Les élections étaient initialement prévues le 14 février. Elles avaient été reportées de six semaines, officiellement en raison de l’opération militaire régionale pour lutter contre Boko Haram.

Pour parler de ces élections présidentielle et législatives sous haute tension au Nigeria, nous avons interrogé Mohammed Benhammou, le président de la FAES, la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques, depuis Rabat au Maroc.

Faïza Garah, euronews

“Après avoir été reportées, ces élections ont enfin lieu, mais Boko Haram a juré de les saboter, le groupe islamiste a-t-il des chances de réussir ?”

Mohammed Benhammou, président de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques

“Je ne crois pas que Boko Haram puisse saboter les élections. Il est certain qu’ils ont réussi plus ou moins à entraver ces élections, en particulier dans le nord du pays, mais je ne pense pas qu’ils réussissent à les empêcher. Il est vrai que la sécurité de ces élections est menacée, Boko Haram pourrait tenter d’empêcher les électeurs d’aller voter en menant des actions terroristes, notamment dans le nord, mais je ne pense pas qu’il puisse stopper l‘élection au niveau global”.

Faïza Garah, euronews

“Les autorités nigérianes sont elles en mesure d’assurer la sécurité de ce scrutin ?”

Mohammed Benhammou, président de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques

“Les autorités nigérianes ont pris des mesures exceptionnelles en fermant les frontières terrestres et maritimes. Et elles ont interdit la circulation des véhicules, à l’exception des véhicules officiels. Elles ont aussi encerclé certains fiefs de Boko Haram”.

Faïza Garah, euronews

“De nombreuses personnes ont fui leur région sous la menace de Boko Horam. Ces déplacés pourront-ils voter ?”

Mohammed Benhammou, président de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques

“Il y a un grand nombre de déplacés. Ils sont désormais plus d’un million et demi. La commission électorale fait tout ce qu’elle peut pour résoudre ce problème. Mais je pense que c’est un objectif très difficile à atteindre et, par conséquent, ces élections seront peut-être entachées d’irrégularités. Cela pourrait avoir des répercussions sur les résultats et entraîner des violences après le scrutin comme en 2011”.

Faïza Garah, euronews

“Le président sortant , Goodluck Jonathan, est-il favori de cette élection présidentielle ?”

Mohammed Benhammou, président de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques

“Non, on ne peut pas dire qu’il en soit le favori.
Les sondages de février dernier ne lui étaient pas favorables car il a échoué sur le plan de la sécurité et dans la lutte contre Boko Haram, ainsi que dans d’autres dossiers”.

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