DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Crise yéménite : quel impact sur l'économie régionale et mondiale ?

Bienvenue dans Business Middle East. Dans cette édition spéciale réalisée depuis nos studios de Bruxelles : gros plan sur le conflit au Yémen. La

Vous lisez:

Crise yéménite : quel impact sur l'économie régionale et mondiale ?

Taille du texte Aa Aa

Bienvenue dans Business Middle East. Dans cette édition spéciale réalisée depuis nos studios de Bruxelles : gros plan sur le conflit au Yémen.

La semaine dernière, l’opération militaire “Tempête décisive” menée par l’Arabie Saoudite était lancée contre les rebelles chiites Houthis.

Alors, quel impact cette intervention va-t-elle avoir sur l‘économie locale et mondiale ?

Pour faire le point sur la question, notre reporter Daleen Hassan accueille Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable des Stratégies Marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“La région des pays du Golfe est connue pour être un endroit sûr pour les investisseurs. Le conflit au Yémen va-t-il changer la donne ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :
“Non, je ne pense pas. Évidemment, une certaine inquiétude a prévalu au moment des premières frappes aériennes, mais grâce au soutien des pays arabes et de la communauté internationale, la sécurité sera maintenue dans la région. Toute menace potentielle sera donc prise en considération.”

Avant d’entrer dans le vif du sujet, regardons comment les marchés financiers ont réagi suite à l’intervention de la coalition.

Conflit au Yémen : quelles conséquences économiques pour les pays du Golfe ?

Restaurer la légitimité du président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi et ramener le calme dans le pays, tels sont donc les objectifs de la coalition conduite par l’Arabie saoudite avec le soutien de la communauté internationale.
L‘Égypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc ont également décidé de prêter main forte aux pays du Conseil de coopération du Golfe (à l’exception d’Oman) dans leur lutte contre les rebelles chiites Houthis et leurs alliés.

Les marchés financiers de la région “Moyen-Orient et Afrique du Nord” ont évidemment accusé le coup. Jeudi dernier, la bourse koweïtienne clôturait sur une baisse de 2,42 %, la bourse égyptienne perdait, quant à elle, 1.59 %.

Toute la région pourrait désormais être considérée comme à risques et perdre de son attrait pour les investisseurs. Des investisseurs, par ailleurs, inquiets de l’impact des frappes saoudiennes sur l’approvisionnement pétrolier. D’où la remontée des cours de 5 % la semaine dernière. Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers le détroit stratégique de Bab al-Mandeb – séparant Djibouti et le Yémen – et par lequel transite une part significative du trafic maritime mondial dont plus de 3 millions de barils de brut par jour.

Retrouvons à présent Daleen Hassan et Nour Eldeen Al-Hammoury.

Daleen Hassan :
“Comme on vient de le voir, les marchés de la région “Moyen-Orient et Afrique du Nord” ont été impactés par les récents événements au Yémen. À long terme, quelles seront, selon vous, les conséquences des frappes saoudiennes sur les marchés arabes ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“De tels événements produisent à la fois des effets positifs et négatifs. Par exemple, on a assisté à une réponse rapide du nouveau roi d’Arabie saoudite, en plus du soutien des pays arabes et de la communauté internationale, et c’est une bonne chose. En revanche, si les frappes aériennes devaient se prolonger, cela pourrait avoir un impact négatif sur l‘état des réserves dans le contexte actuel de forte baisse des cours du pétrole. Les réserves pourraient donc diminuer. Cela dit, l’Arabe saoudite dispose de réserves très importantes, donc le risque me semble limité et encore une fois, il est bon de souligner que les marchés ont réagi de façon positive suite aux déclarations des dirigeants arabes réunis en Egypte.”

Daleen Hassan :
“Pendant le sommet de la Ligue arabe …”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Oui, cette réunion a été positive.”

Daleen Hassan :
“Revenons au pétrole. La hausse des cours de l’or noir reste pour l’heure très limitée. Quels sont les scénarios envisageables ? “

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Malgré la timide remontée des cours du pétrole à laquelle nous avons assisté récemment, le scénario reste, en partie, inchangé. Le prix du baril de brut va rester plus ou moins le même qu’aujourd’hui, et ce, jusqu‘à la prochaine réunion de l’Opep prévue en juin (où les pays producteurs pourraient annoncer une éventuelle réduction de la production). Mais d’ici-là, le prix du baril devrait se négocier entre 40 et 60 dollars.”

Daleen hassan :
“Les avis divergent sur les intentions des rebelles houthis concernant le détroit de Bab al-Mandeb par lequel transitent de très nombreux pétroliers. En cas de blocus du détroit, quel serait l’impact sur les cours du brut ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Étant donné que les marchés regorgent de pétrole, un tel événement serait sans effet ou presque. En clair, les marchés se mettraient alors à piocher dans leurs réserves. Si les approvisionnements étaient interrompus, dans ce cas-là, le prix du baril pourrait effectivement augmenter. Mais, pour l’heure, l‘Égypte a dépêché des navires de guerre pour sécuriser le golfe d’Aden, et c’est un bon point. Depuis, les marchés ont repris des couleurs non seulement dans la région, mais également dans le reste du monde. Croire que les approvisionnements pétroliers sont menacés est donc pour l’instant prématuré.”

Daleen Hassan :
“Si les investisseurs devaient déserter les pays du Conseil de coopération du Golfe ? Où iraient-ils, selon vous ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury:
“Comme on l’a vu par le passé, tout conflit pousse les investisseurs à se tourner vers des valeurs refuges, telles que les métaux précieux. Dernièrement, l’once d’or s‘échangeait à 1.220 dollars et l’once d’argent à 17 dollars. Une embellie de courte durée toutefois. Car, les pays arabes réunis en sommet ont tout fait pour rassurer les investisseurs et les faire revenir sur les marchés financiers locaux et internationaux. Donc là encore, les investissements devraient rester plus ou moins inchangés, que ce soit en Arabie saoudite ou ailleurs. La bourse saoudienne, notamment, attend donc de pied ferme, les investisseurs internationaux. Les opportunités restent nombreuses ici, comme Europe, et ce, en dépit des tensions au Moyen-Orient, ainsi qu’entre l’Europe et la Russie.”