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Iran : quelles perspectives économiques après l'accord sur le nucléaire ?


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Iran : quelles perspectives économiques après l'accord sur le nucléaire ?

Bienvenue dans Business Middle East. Dans cette édition, retour sur l’Iran qui pourrait voir son horizon économique se dégager prochainement. Quant à notre rubrique Business Snapshot, elle sera consacrée à la hausse du dollar qui semble inquiéter le président américain Barack Obama

L’accord sur le nucléaire signé entre Téhéran et les Occidentaux pourrait bien apporter une bouffée d’oxygène à l‘économie iranienne soumise aux sanctions commerciales de la communauté internationale.

Aujourd’hui, une nouvelle page pourrait s’ouvrir avec la possible levée des sanctions. De quoi permettre à l’Iran de regagner son rang de puissance économique régionale et mondiale. De puissance pétrolière aussi, ce qui n’est pas pour rassurer un marché de l’or noir en pleine déconfiture.

Le point, depuis Lausanne, avec l’envoyée spéciale d’euronews, Reihaneh Mazaheri.

Au fil des ans, de nombreux secteurs de l‘économie iranienne ont donc été touchés par les sanctions des Occidentaux. En particulier, son secteur pétrolier et bancaire.

L’Iran s’est alors trouvé relégué en marge du système financier international et sa devise – le rial – a perdu plus des 2/3 de sa valeur face au dollar.

L’Union européenne a notamment gelé les actifs de la banque centrale iranienne, ainsi que toutes les transactions liées à la vente d’or et de métaux précieux.

L’Iran, qui tire 60 % de ses revenus du pétrole, a vu dans la foulée ses exportations baisser de façon très significative, alors même que ses dépenses publiques augmentaient. Plus de trente millions de barils de brut sont actuellement immobilisés dans différents ports du pays en attendant la levée de l’embargo.

De fait, l’accord-cadre conclu la semaine dernière à Lausanne entre l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) pourrait à terme conduire à la levée progressive de toutes les sanctions internationales à mesure que Téhéran regagne la confiance de ses partenaires et remplit ses engagements vis-à-vis de son programme nucléaire. L’accord final, lui, pourrait être signé d’ici à la fin du mois de juin.

“Avec cet accord, les sanctions pourraient finalement être levées. Mais, la principale préoccupation reste – précise notre envoyée spéciale Reihaneh Mazaheri – l’impact de ce document sur les cours du pétrole dans les mois à venir.”

Pour analyser la situation en détail, Daleen Hassan accueille Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable des Stratégies Marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“Après l’accord-cadre conclu à Lausanne, l’Opep a rapidement annoncé que le marché pétrolier ne serait pas affecté à court terme par ce document. Comment interprétez-vous cette déclaration ? Et comment voyez-vous les choses à long terme ?

Nour Eldeen Al Hammoury, ADS Securities :
“Évidemment qu’il n’y aura pas d’effets immédiats sur les approvisionnements pétroliers dans la mesure où les sanctions sont toujours en place et que l’Iran ne pourra pas augmenter sa production avant juin au plus tôt, c’est-à-dire pas avant la prochaine réunion de l’Opep et l’accord final sur le nucléaire. Une fois cet accord signé, la production pétrolière pourrait augmenter de plus de 1 million de barils par jour selon Téhéran. Par ailleurs, si l’Opep maintient ses niveaux actuels de production, les cours de l’or noir pourraient rester sous pression.”

Daleen Hassan :
“Si les sanctions économiques qui pèsent sur l’Iran sont levées, quelles seront les conséquences sur le marché des changes dans la région ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“L’accord est positif pour le marché des changes régional et global. Cela a été positif pour le dollar, car cet accord est perçu comme un succès des Etats-Unis dans la région qui, cette fois, ne sont pas allés au conflit.
Tout le monde va maintenant pouvoir commercer avec l’Iran, avoir accès à son marché financier, pétrolier. C’est également la porte ouverte à de nouvelles opportunités d’investissements pour l’Iran et ses partenaires internationaux. Le rial iranien a donc tout à y gagner, tout comme les autres devises de la région.”

Daleen Hassan :
“Justement comment le rial iranien a-t-il réagi ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury:
“Le rial avait perdu 80 % de sa valeur après les sanctions imposées en 2011. Donc, l’accord signé avec les Occidentaux devrait être bénéfique pour la devise iranienne qui pourrait regagner du poil de la bête au cours des années à venir, surtout si les sanctions bancaires sont levées, car de nombreux contrats commerciaux seront signés en rial et dans les autres devises de la région.”

Daleen Hassan :
“Nour, nous continuerons à parler du dollar juste après notre rubrique Business Snapshot. À tout de suite.”

Le président Barack Obama s’inquiéterait de l’impact d’un dollar fort sur les exportations américaines. C’est, en tout cas, l’impression qu’il a donnée lors d’une récente allocation dont voici un extrait :

“Les économies européennes sont faibles, les économies asiatiques sont également faibles alors que le dollar, lui, s’apprécie parce que de très nombreuses personnes le voient comme une monnaie refuge. Elles ont confiance et investissent davantage ici. Mais cela renchérit aussi nos exportations. Il faut donc rester déterminés et ne pas nous reposer sur nos lauriers en espérant que la croissance continuera à un rythme suffisamment soutenu pour offrir des opportunités à la jeune génération.”

Daleen Hassan :
“Nour, c’est la première fois que le président Obama déclare que l‘économie américaine pourrait être impactée par un dollar fort. Quel message cherche-t-il à faire passer selon vous ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Sa déclaration au sujet de l’appréciation du dollar pourrait servir à expliquer pourquoi l‘économie américaine a ralenti, et ce, surtout après la publication des chiffres de l’emploi qui sont extrêmement décevants et bien loin des estimations. Sa déclaration pourrait donc être perçue comme un signal adressé aux marchés leur signifiant que si le dollar continue à s’apprécier, eh bien, l‘économie américaine pourrait faire face à une période de faible croissance. Il pourrait aussi s’agir d’une tentative du président Obama pour stopper ou ralentir la hausse de la devise américaine. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est produit et qui a permis à l’euro de remonter de 1,08 à 1,10 dollar.”

Daleen Hassan :
“Merci Nour et à la semaine prochaine !”

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