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RDC : les trafics de ressources naturelles alimentent les conflits (ONU)


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RDC : les trafics de ressources naturelles alimentent les conflits (ONU)

Selon le dernier rapport du Programme de l’Environnement de l’ONU (Pnue), publié vendredi, les milliards de dollars issus des trafics de ressources naturelles (ivoire, or, bois) financent des dizaines de groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) en y alimentant les conflits chroniques.

Ces trafics à grande échelle de “minerais, d’or, de bois, de charbon et de produits issus de la faune sauvage tels que l’ivoire » rapportent jusqu‘à 1,3 milliard de dollars chaque année et financent, selon les diverses estimations, entre 25 et 49 groupes armés congolais. C’est le trafic d’or qui constitue le plus gros de ces recettes, rapportant jusqu’à 120 millions de dollars annuels.

Le sol de la RDC regorge de ressources naturelles (or, coltan, cuivre, cobalt, diamants, fer, nickel) mais sa population demeure plongée dans l’extrême pauvreté. En 2014, le pays occupait l’avant-dernière place mondiale en ce qui concerne le développement humain.

“Ces fonds captés par des gangs criminels (…) auraient pu être utilisés pour bâtir des écoles, des routes, des hôpitaux et un avenir au peuple congolais”, a souligné Martin Kobler, le chef de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco), la plus importante mission de maintien de la paix des Nations unies dans le monde en termes d’effectifs. “Imaginez si nous pouvions dépenser des centaines de millions de dollars de ces recettes envolées, subtilisées par les gangs criminels dans l’est de la RDC pour payer des professeurs, des médecins et promouvoir les affaires et le tourisme”, a-t-il estimé.

Selon le Pnue, seuls 2% des gains des trafics vont directement dans les poches des groupes armés. Le reste de l’argent revient aux « réseaux criminels transfrontaliers » qui opèrent en RDC mais aussi dans les pays voisins (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et dont la stratégie de “diviser pour régner” empêche le contrôle de la totalité du trafic par un seul groupe armé.

Les auteurs du rapport s’inquiètent aussi du sort des gorilles de montagne qui habitent dans le Parc national des Virunga, situé dans la région, et dont l’habitat est menacé par la déforestation liée à la fabrication du charbon de bois. Ils dénoncent également des tentatives de faire déclassifier le parc dans le but d’exploiter son bois et son pétrole.

Avec l’AFP

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