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La crise politique à Skopje fragilise l'équilibre des Balkans


Macedoine

La crise politique à Skopje fragilise l'équilibre des Balkans

L’ancienne République yougoslave de Macédoine n’avait pas connu pareille crise depuis 2001. Le pays était alors au bord de la guerre civile, la guérilla albanaise avait pris les armes pour réclamer davantage de droits pour cette communauté, qui représente environ un quart des 2,2 millions d’habitants du pays.

Les accords d’Ohrid mettent un terme à six mois de conflit.
La communauté internationale ne ferme pas la porte à une perspective d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN.
Objectifs : dompter les tensions ethniques, résoudre le contentieux avec la Grèce sur le nom du pays et encourager la démocratie libérale.

Mais aujourd’hui, les responsables européens se disent très préoccupés par ce qu’ils appellent “la détérioration de la situation dans le pays, en particulier dans le domaine des droits fondamentaux et la liberté des médias”. http://www.consilium.europa.eu/fr/press/press-releases/2015/04/21-conclusions-fyr-macedonia/

Le gouvernement du Premier ministre Nikola Grouevski se trouve au coeur d’un scandale. L’oppositiion accuse le pouvoir conservateur de corruption et de pratiquer une surveillance illégale à grande échelle.

Le chef de l’opposition Zoran Zaev dit détenir des enregistrements d‘écoutes effectuées sur des juges et sur des journalistes, des enregistrements qui semblent mettre en lumière un contrôle sur
la conduite des élections et des nominations partisanes à des postes de la fonction publique.

Début mai, des affrontements entre forces de l’ordre et un groupe armé font 22 morts dont 8 policiers dans le nord du pays.
Le gouvernement affirme alors que la police a déjoué un complot terroriste. Mais pour l’opposition macédonienne, l’Albanie et certains observateurs, il s’agit d’une tentative de diversion organisée par le pouvoir.

Mais les files de véhicules s’allongent à la frontière avec la Serbie.
La Russie met de l’huile sur le feu et accuse des “organisateurs occidentaux” de tenter de fomenter une révolution contre un gouvernement qui refuse de participer aux sanctions contre la Russie au sujet de l’Ukraine.

Reste à voir si la diplomatie occidentale réussira, comme elle l’a fait il y a 14 ans, à éviter une crise qui, si elle éclate, pourrait déstabiliser la fragile stabilité politique dans toute la région.

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