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Ouganda: une chanteuse devant la justice pour un clip jugé pornographique

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Ouganda: une chanteuse devant la justice pour un clip jugé pornographique

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Jemimah Kansiime, chanteuse ougandaise, risque dix ans de prison et/ou 3000 euros d’amende pour avoir montré son postérieur dans le clip de sa chanson “Nkulinze”(“Je t’attends”).

Panadol wa Basajja, de son nom d’artiste (qui signifie littéralement « médicament pour les hommes »), est déjà passée par la case prison pour la diffusion de ce clip où elle s’affiche en string et soutien gorge en compagnie d’un homme. Le derrière savonné de la chanteuse apparaît également en gros plan à l‘écran.

L’artiste de 21 ans a plaidé non coupable et a été relâchée sous caution après 4 mois de prison.

Sa vidéo polémique ayant été jugée «très obscène et vulgaire» par le ministre des mœurs, Simon Lokodo, la jeune femme a été arrêtée en novembre dernier en compagnie de son producteur, Didi Muchwa Mugisha.

Totalisant plus de 140 000 vues sur YouTube, la vidéo évoquant les “fantasmes intimes d’une jeune amoureuse” a été qualifiée de pornographique par les conservateurs ougandais. Ils affirment que le clip viole la nouvelle loi anti-pornographie, promulguée en février 2014.

Le texte de loi interdit par exemple aux femmes de dévoiler certaines parties de leurs corps comme leurs jambes ou de porter un décolleté trop plongeant.

Le sexe fait vendre

“ Je sais qu’une partie de la société est très conservatrice” avoue la chanteuse. Elle déclare également avoir destiné cette vidéo à un public d’adultes.

A l’instar de ses idoles, Rihanna et Nicki Minaj, Jemimah Kansiime a essayé de mettre le sexe en avant pour faire parler d’elle. “ Je voulais simplement savoir si le public apprécierait que je porte une robe courte” affirme-t-elle

Liberté bafouée

“Mes droits ont été bafoués, ma liberté d’expression a été bafouée”, s’indigne-t-elle.

Selon l’ONG Human Rights Watch, la loi définit si largement la pornographie qu’elle aurait poussé des hommes à agresser publiquement des femmes légèrement vêtues.

Jugée “excessive et vague” par des militants, la loi controversée a déjà fait l’objet d’une requête auprès de la Cour constitutionnelle.

Le procès de la chanteuse doit avoir lieu ce mois-ci. Une première inculpation sous le coup de cette nouvelle loi.

Avec AFP