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Extrême droite : « Un Français », le film qui fait peur

Ce 25 mai sur son blog, le réalisateur Patrick Asté faisait état de son amertume et de son désarroi. Dans son billet, le cinéaste, plus connu sous le pseudo de Diastème, expliquait que son dernier film « Un Français », racontant l’itinéraire d’un militant d’extrême droite et devant sortir le 10 juin dans l’Hexagone, faisait face à une cascade de déprogrammations. Mars Distribution – en charge du film – vient de réagir en publiant un communiqué pour clarifier la situation.


Bande-Annonce du film

Le distributeur indique dans son communiqué que le film fait face à une vaste campagne de haine. Des messages particulièrement violents circulent notamment sur les réseaux sociaux. Contrairement à ce que Diastème a indiqué dans son blog, où le réalisateur reproduisait une conversation téléphonique avec l’une des productrices du film (Marielle Duigou), toutes les cinquante avant-premières prévues le 2 juin prochaines ne seront pas annulées. Mais le distributeur reste très peu précis : aucun chiffre n’est avancé.

Le réalisateur faisait également mention du fait que le nombre de salles qui devaient diffuser son film le jour de sa sortie allait être divisé par deux. « Les plus de cent salles » se transformant en « moins de cinquante, et encore, pas sûr…» selon Marielle Duigou, en raison de la « peur » des exploitants… Le distributeur confirme bien que le film ne sera pas diffusé dans cent salles : « La sortie initiale prévue autour d’une centaine de copies a été ramenée à soixante afin d’optimiser au mieux chaque copie et de valoriser chaque salle diffusant le film ».

Même si il ne s’agit là d’une réduction de quarante salles, et non de cinquante, le ton employé par le distributeur dans son communiqué atteste de l’atmosphère délétère qui règne autour d‘ « Un Français ». Mars Distribution tient à remercier « les nombreux exploitants (…) pour qui la diffusion de ce film constitue un acte militant fort dans la simple liberté de l’expression artistique et citoyenne. »

Dans le climat actuel, où l’extrême droite a le vent en poupe, montrer la réalité crue d’un milieu vecteur de violences susciterait la peur de ceux qui oseraient projeter le film. Auto-censure ou peur de représailles ?

Le film, qui sortira bien le 10 juin prochain, retrace le chemin vers la rédemption sur trois décennies de Marco, un skinhead, incarné à l‘écran par Alban Lenoir. Si pour le distributeur, « Un Français » est bien sur une fiction, celle-ci s’est nourrie de faits bien réels. Au gré de son parcours, Marco sera en effet le témoin de la montée du Front National et de la présence au sein de ce parti de militants d’extrême droite particulièrement violents, ainsi que d’exactions commises par ces derniers.

Et c’est sans doute cela qui a déclenché tant de réactions haineuses : mettre en lumière ce que certains voudraient voir rester dans l’obscurité. Ce qui peut s’avérer « problématique » pour un parti, comme le FN de Marine Le Pen, en phase d’achever son opération de conquête de respectabilité.

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