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La justice américaine tacle la FIFA


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La justice américaine tacle la FIFA

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La justice américaine veut infliger un carton rouge à la FIFA. Au cœur du scandale qui a éclaté Jeffrey Webb et Jack Warner, respectivement actuel et ancien président de la CONCACAF, la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes.

Pour monter le dossier, les Américains auraient notamment retourné Charles Blazer, ancien secrétaire-général de la CONCACAF

Au total se sont sept importants responsables de la FIFA qui ont été arrêtés ce matin à Zurich à la demande du département américain de la justice. Ils sont accusés d’avoir mis en place un système de rétrocommissions de plusieurs millions de dollars.

Jack Warner, ancien vice-président de la FIFA était déjà au centre d’une affaire de corruption en 2011. Il avait fini à l‘époque par démissionner de tous ses mandats liés au football, mettant ainsi fin aux procédures engagées par le comité d‘éthique de l’instance internationale.

L’homme d’affaires qatari Mohamed Bin Hammam, rival de Sepp Blatter à la même époque a été radié à vie fin 2012 pour des malversations liées à la Confédération asiatique.

De lourds soupçons pèsent depuis toujours sur le Mondial 2022 au Qatar. En effet, son attribution en 2010 avait surpris tout le monde. Des allégations tellement fortes que la FIFA commissionnera une enquête qui englobe aussi l’attribution du Mondial 2018 en Russie. Mais le rapport rendu par Michael Garcia ne sera jamais rendu public au grand dam l’ancien procureur de New-York qui finira par démissionner.

Le parquet suisse a ouvert une enquête sur ces attributions en mars dernier, et a saisi aujourd’hui (mercredi) des documents électroniques au siège de la FIFA à Zurich.

Désormais, tous se demandent si Sepp Blatter peut encore rester à la tête de la FIFA. Le Suisse brigue vendredi un cinquième mandat face au prince Ali de Jordanie. Pour certains, Blatter est un peu le roi de l‘évasion, et jusqu‘à présent aucun scandale, bien qu’il ait pu être éclaboussé, n’a pu le déboulonner de son poste.

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Joe Allen, euronews :
Nous sommes rejoints par David Webber économiste politique et du football de l’Université de Warwick. M. Webber, le bureau du FBI à New-York aurait enquêté sur la FIFA depuis des années – cela arrive deux jours de la présidentielle de la FIFA, y a-t-il un lien, ou est ce une coïncidence ?

David Webber, économiste politique, université de Warwick :
Une des choses que la FIFA a dite ce matin, c’est qu’il s’agit d’une attaque politique, d’une tentative préméditée de saboter un processus électoral dont beaucoup de gens pensent qu’il est couru d’avance. Le FBI, à ce que je comprends, a dit qu’il était tout simplement logique de procéder à ces arrestations maintenant, puisqu’ils partageaient tous le même hôtel à Zurich, et qu’ils pouvaient coordonner leur enquête avec les autorités suisses. Il est donc bien difficile de dire, à ce stade, si c’est délibéré ou simplement, une coïncidence.

Joe Allen, euronews :
Le Prince Ali Bin Al-Hussein de Jordanie – le rival de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA – parle de “triste jour pour le football”, qu’en dites-vous ?

David Webber, économiste politique, université de Warwick :
Je pense que c’est un jour triste pour le football, mais probablement pas pour les mêmes raisons que le Prince. Il est intéressant de noter que depuis, il a fait marche arrière et a dit que le football a besoin d’une bonne gouvernance, qu’il faut un leadership solide et fort. Un leadership doit prendre ses responsabilités. Que le prince lui-même assure ou non ce leadership et ces responsabilités restent à voir. Je pense que c’est un triste jour pour le football, mais personne lié à ce sport n’est surpris. On parle de la corruption au sein de la FIFA depuis 20 ans. C’est un triste jour, pas que ca sorte au grand jour aujourd’hui, mais que cela dure depuis si longtemps.

Joe Allen, euronews :
M. Webber, selon le procureur général américain, l’enquête évoque une corruption endémique, systémique, profondément enracinée. Pensez-vous que la position de Sepp Blatter est compromise, et si oui, peut-il survivre à ces nouvelles allégations ?

David Webber, économiste politique, université de Warwick :
Sepp Blatter, c’est l’homme en “Teflon”, il l’a prouvé au cours des 17 dernières années. Rien, semble-t-il, n’a eu de prise sur lui avant, et je ne serais pas surpris qu’il parvienne à surmonter cela. Mais des questions graves doivent maintenant être posées sur son leadership, et effectivement, quel meilleur moment pour poser ces questions que le congrès de la FIFA qui se tient dans deux jours.

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