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Tbilissi, son patrimoine et sa chaleur

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Tbilissi, son patrimoine et sa chaleur

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Dans cette nouvelle série, nous vous proposons un périple en Géorgie, des anciens vignobles de l’Est aux stations balnéaires de la Mer Noire à l’Ouest, à la découverte des traditions de ce pays, de son histoire et du mode de vie de ses habitants. Mais d’abord, faisons étape dans la capitale : Tbilissi.

Pour apprécier la diversité de la plus grande ville du pays, il faut prendre de la hauteur : le mélange de monuments anciens et modernes illustre le dynamisme culturel qui anime la cité depuis sa fondation au Ve siècle. Un funiculaire – “l’un des plus longs et des plus escarpés au monde”, assure son gestionnaire, Emzar Badalashvili – nous emmène au sommet d’une colline où “la vue est à couper le souffle”, renchérit-il.

Nous redescendons dans le centre historique avec ses rues étroites et son architecture éclectique : le site a bénéficié d’un vaste projet de rénovation où les boutiques et les cafés ont trouvé leur place, offrant à ce quartier une deuxième jeunesse. “La Géorgie essaie de préserver son patrimoine ancien,” souligne Rezo Gabriadze, artiste, réalisateur et scénariste, “parfois, une simple pierre à un angle de rue peut nous en apprendre plus qu’un gros livre.”

Aujourd’hui, ce pays veut définitivement tourner la page des troubles post-soviétiques en attirant des touristes du monde entier. “Tbilissi est une ville géniale,” affirme Rebecca O’Brian qui est propriétaire d’un pub de la ville. “Elle est très sûre et ce n’est pas très cher comparé aux standards européens,” ajoute-t-elle, “on peut séjourner ici pour moins de 40 euros la nuit.” “Les gens sont très, très accueillants,” estime un touriste français, Jean-Claude Forestier, “on mange bien, il y a une très belle ambiance, tout est très facile, c’est un pays très ouvert et peut-être aussi très européen.”

Non loin de constructions modernes audacieuses, nous découvrons des vestiges du passé qui sont encore plein de vie. Sous des dômes de briques, se cachent de célèbres bains sulfureux qui accueillent le public depuis le XVIIe siècle. Elcin Allahverdov s’y rend régulièrement : “cette eau chaude provient de la source naturelle d’eau soufrée qui se trouve à cinquante mètres d’ici,” nous explique-t-il, “c’est là-bas que la ville a été fondée : “tpili” veut dire chaud en ancien Géorgien, donc le nom de Tbilissi vient de ces sources d’eau chaude.”

Mais l’histoire culturelle de la Géorgie reste dominée par l’architecture et l’art religieux. Elle fut l’une des premières nations à adopter le christianisme. Nous visitons la plus ancienne église de Tbilissi, la Basilique Anchiskhati de Sainte-Marie. “Elle date du VIe siècle, d’après la fondation de la ville,” nous indique son doyen, Father Akaki. “Ses cloches sonnaient même pendant les invasions étrangères ; l‘époque soviétique a été une période sombre : la bâtisse a servi d’atelier de réparations de pneus et d’abri pour ranger des outils, mais elle a gardé tout son esprit,” affirme-t-il, “et aujourd’hui, elle est redevenue une église.”

À l’extérieur de Tbilissi, d’anciens châteaux, monastères et cathédrales remarquables jalonnent le paysage naturel caucasien. Parmi eux, des lieux saints fréquentés par de nombreux touristes et pèlerins. “Ce patrimoine ancien donne une atmosphère particulière à Tbilissi,” nous confie l’artiste géorgien Guga Kotetishvili avant d’ajouter : “il n’y a pas que la présence chrétienne : on trouve ici une église, une mosquée, une synagogue et même un temple zoroastrien et ils sont proches les uns des autres,” dit-il avant de conclure : “cette diversité culturelle est un merveilleux symbole pour un pays comme le nôtre où l’Europe rencontre l’Asie.”