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Les élections turques de A comme AKP à Z


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Les élections turques de A comme AKP à Z

Les Turcs se rendent aux urnes dimanche, pour des élections législatives : il s’agit de renouveler le parlement, appelé la Grande Assemblée nationale, qui déterminera le gouvernement qui conduira la Turquie pour les quatre prochaines années.

Pour la première fois, le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir depuis 13 ans, participe à cette élection générale sans son leader, Recep Tayyip Erdoğan, devenu président en août dernier.

Ironiquement, un parti politique représentant les Kurdes qui ont souvent été mis à l‘écart et réprimés par les politiciens à Ankara est susceptible de jouer les faiseurs de rois.

Le système électoral turc, comment ça marche ?

La Turquie est gouvernée par un système parlementaire où le Premier ministre détient les pouvoirs réels. Le rôle du président est symbolique. Le Premier ministre est le chef du parti qui obtient la majorité au Parlement. L’assemblée est composée de 550 membres, élus pour 4 ans.

Dimanche, 20 partis politiques et plus de 150 candidats indépendants seront en concurrence pour entrer au Parlement. Cependant, seuls quelques-uns d’entre eux peuvent atteindre cet objectif en raison du seuil électoral le plus élevé dans le monde : le système turc exige en effet des partis politiques l’obtention d’au moins 10% des voix au niveau national pour entrer au parlement. Un parti politique peut gagner les élections dans certaines villes, mais s’il ne recueille pas 10% des voix au niveau national, ses votes sont distribués à d’autres partis gagnants. Le système, mis en place par les dirigeants militaires après le coup d’Etat militaire de 1980, favorise les grands partis en rendant plus difficile pour les plus petits l’accession au parlement.

Qui sont les favoris ?

Selon les sondages, seulement trois grands partis semblent avoir assuré leur place au parlement : l’AKP au pouvoir, dirigée par Ahmet Davutoğlu, actuel Premier ministre, l’opposition républicaine, le parti de centre-gauche populaire (CHP), dirigé par l’ancien bureaucrate Kemal Kiliçdaroğu et le Parti du Mouvement Nationaliste (MHP). L’AKP est toujours le favori des élections avec 40% des voix, malgré ses 13 ans au pouvoir, alors que le CHP a du mal à atteindre les 30%. Les votes des nationalistes du MHP sont estimés autour de 16%.

La grande inconnue des élections est le parti pro-kurde démocratique populaire (HDP) : en compétition pour la première fois en tant que parti, sera-t-il en mesure de franchir la barre des 10% ? Selon les sondages il est très proche de ce résultat.

Quel est l’enjeu ?

Erdogan a déclaré publiquement qu’il ne sera pas un président au rôle “symbolique” comme l’ont été ses prédécesseurs. Constitutionnellement, le président est obligé de se placer au dessus des partis politiques, mais Erdogan a été au centre de la campagne électorale, participant à de grandes réunions publiques à travers le pays et même apparaissant à la télévision. Il fait campagne pour un système présidentiel, plutôt que le modèle parlementaire actuel, et veut que l’AKP obtienne une majorité suffisante pour modifier la Constitution. Pour cela, l’AKP doit obtenir 330 sièges pour être en mesure de ratifier le changement grâce à un référendum, ou bien 367 sièges pour atteindre l’objectif sans consultation populaire.

Le grand enjeu pour Erdogan et l’AKP ce sont les performances électorales du 7 juin du HDP pro-kurdes. Si le parti passe la barre des 10%, il aura raflé des sièges principalement à l’AKP, en particulier dans le régions kurdes. Selon certains analystes, un succès du parti politique pro-kurdes pourrait même être un obstacle pour l’AKP pour former un gouvernement majoritaire.

Dans le passé, les politiciens kurdes ont réussi à surmonter le problème du seuil des 10% en se présentant comme candidats indépendants. Pour la première fois le HDP participe à ces élections en tant que parti. Si leur pari échoue et si le HDP est incapable d’atteindre les 10% au niveau national, l’exclusion des Kurdes de la représentation politique risquera de compliquer le processus de paix et de réconciliation en cours.

Suivez notre couverture complète de l‘élection et suivez les événements en direct sur euronews.com à partir de 18 heures dimanche 7 juin.

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