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Amnesty International s’insurge contre la loi irlandaise sur l’avortement

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Amnesty International s’insurge contre la loi irlandaise sur l’avortement

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Dans le cadre d’une campagne mondiale pour la sexualité et les droits reproductifs des femmes, Amnesty International lance une bataille afin de pousser le gouvernement irlandais à évoluer sur sa loi anti-IVG. Les membres de l’organisation dans le monde entier vont réclamer la dépénalisation de l’avortement dans ce pays.

Dans un rapport alarmant publié le 9 juin et intitulé « Ce n’est pas une criminelle
», l’organisation des droits de l’Homme dénonce la législation irlandaise en matière d’avortement, jugée l’une des plus restrictives au monde, et qui, selon elle, met en danger la santé et la vie des femmes.

En effet, la très catholique Irlande interdit l’avortement même en cas de viol, de malformation du fœtus ou de risques pour la santé de la mère. Elle ne l’autorise que si la vie de la mère est en danger. Ce dernier « assouplissement » a été consenti seulement en 2013, suite au décès d’une femme enceinte à qui on a refusé un avortement alors qu’elle était en train de faire une fausse couche, à 17 semaines de grossesse. Dans toute autre circonstance l’avortement est une infraction à la loi, punie d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison tant pour la femme qui le subit que pour la personne qui le pratique.

Le rapport de l’ONG présente de nombreux cas de femmes et de filles contraintes soit de poursuivre leur grossesse (souvent en portant des fœtus morts pendant plusieurs semaines pour que les médecins puissent s’assurer qu’ils ne produisent plus de battements cardiaques !), soit de se rendre à l‘étranger pour avorter. Selon les statistiques révélées par l’organisation, elles sont plus de 4 000 chaque année à franchir ainsi la frontière, souvent dans la peur et avec l’impression d’être des criminelles.

Le « climat de terreur » règne aussi dans le milieu des médecins qui transgressent la loi non seulement en pratiquant l’IVG mais aussi en donnant des renseignements aux femmes sur le traitement dont elles ont besoin pour avorter en sécurité. Pour Peter Boylan, obstétricien et gynécologue cité par l’AFP, la législation irlandaise incite certaines femmes à « éviter l’ensemble des médecins ».

Dans le contexte de la récente légalisation du mariage homosexuel par référendum, les militants pro-avortement et des responsables politiques ont appelé les autorités irlandaises à consulter la population au sujet de l’abrogation du 8ème amendement de la Constitution qui donne les droits égaux au fœtus et à la mère.

Malgré ce contexte d’ouverture et de progrès indéniable, la bataille contre le poids de la tradition risque d’être longue et éprouvante. Un porte-parole du ministère de la santé a dit à l’AFP qu’il “examinerait les conclusions” du Rapport d’Amnesty International. Le Premier Ministre Enda Kenny a, quant à lui, exclu l’organisation d’un éventuel référendum avant les élections législatives, prévues en avril 2016.