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L'UE veut resserrer les liens avec une Amérique Latine de plus en plus tournée vers l'Asie

Pour la deuxième fois, les 28 pays de l’Union européenne vont se réunir avec 33 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Ce sera à Bruxelles ces jeudi

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L'UE veut resserrer les liens avec une Amérique Latine de plus en plus tournée vers l'Asie

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Pour la deuxième fois, les 28 pays de l’Union européenne vont se réunir avec 33 pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Ce sera à Bruxelles ces jeudi et vendredi. Objectif : donner une nouvelle impulsion à la coopération à un moment où l’Europe est en perte d’influence dans ces pays, comme l’explique Sebastian Santander, professeur de relations internationales à l’Université de Liège :

“ Le monde est en train de changer. Des puissances émergentes sont arrivées en Amérique Latine. L’Europe est en crise et l’Amérique Latine a moins d’intérêt pour l’Europe qu’auparavant, alors que la Chine occupe une part de plus en plus importante en Amérique Latine, au niveau économique, commercial, financier mais aussi politique. “

Exemple de cet essouflement, l’accord que l’Union européenne et le Mercosur négocient depuis bien longtemps, sans avoir abouti. L’eurodéputé Francisco Assis, qui dirige la délégation sur les relations avec le Mercosur, évoque les principaux points de blocage :

“ Du côté européen, les difficultés qui sont historiquement présentes sont, avant tout, liées à l’agriculture, dit-il. Certains pays européens s’inquiètent de la concurrence des pays d’Amérique du Sud dans ce secteur. Du côté sud-américain, jusqu‘à présent, les difficultés majeures étaient liées à l’industrie et au secteur des services parce qu’ils avaient le sentiment de ne pas être encore prêts à concurrencer les industries européennes. “

Trouver des compromis pour ne pas laisser l’Amérique Latine se détourner de l’Europe au profit de l’Asie, c’est ce que plaide le président de l’association UEBrasil Luigi Gambardella :

“ Peut-être que la seule manière – mais il faudrait voir comment faire – serait d’avoir une approche plus flexible. Peut-être qu’un accord pourrait être négocié avec le Mercosur d’abord, et ensuite, on permettrait à chaque membre au sein du Mercosur d’avancer à un rythme différent. “

Au sommet, il ne devrait pas seulement être question de relations commerciales. Egalement à l’ordre du jour : la lutte contre le changement climatique, l‘éducation, la sécurité et les droits de l’Homme.

Pour évoquer les relations entre l’Union européenne et l’Amérique latine et les enjeux de ce sommet, euronews a rencontré Benita Ferrero-Waldner, présidente de la Fondation Union européenne- Amérique latine et Caraïbes. Elle a également été commissaire européenne.

euronews: “ Le thème de ce sommet est de contribuer à des sociétés prospères, inclusives et durables. Comment ce travail se repercute-t-il sur la vie des citoyens ? “

Benita Ferrero-Waldner : “ D’abord, je pense qu’il est important de souligner que ce sommet servira à revivifier nos relations régionales et à redonner leur place aux citoyens. Comment ce travail se repercute-t-il sur leurs vies ? Je pense qu’il faut travailler sur beaucoup de choses concrètes comme nous le faisons avec notre fondation. Nous travaillons sur des projets liés à l’enseignement supérieur par exemple. Il y a eu ici hier un sommet académique et nous avons beaucoup soutenu ce processus, parce que sans l‘éducation pour tous, nous ne pourrons pas engranger ces progrès que nous espérons. Il y a aussi les PME, les petites et moyennes entreprises, qui ont généré une nouvelle classe moyenne en Amérique Latine et dans les Caraïbes représentant 88 millions de personnes entre 2002 et 2014 et qui contribuent à une société plus productive. “

euronews : “ Ces dernières années, certains pays latino-américains ont augmenté leurs échanges commerciaux avec d’autres puissances comme la Chine, ou la Russie dans le secteur de l‘énergie. L’Europe est-elle en train de perdre du terrain ? “

Benita Ferrero-Waldner : “ Je ne pense pas que nous perdions vraiment du terrain. Nous avons légèrement baissé au niveau commercial mais les relations se sont stabilisées et se sont bien consolidées. Et si l’on regarde les investissements européens qui représentent 34 milliards d’euros, je pense que c’est considérable. “

euronews : “ Votre fondation a récemment organisé une conférence sur le chômage des jeunes. C’est un problème qui touche à la fois l’Europe et l’Amérique latine. Quelles conclusions avez-vous tiré de cette conférence ? “

Benita Ferrero-Waldner : “Ceux qui sont touchés par cette situation doivent être inclus dans un processus. Je pense que ça a été un des points forts. Il faut former tous ces gens, leur offrir une formation professionnelle, un enseignement. Ceux qui ont des connaissances ont plus de facilités. Ensuite, il y a la question de la mobilité. Les jeunes nous ont dit qu’ils voulaient avoir plus d’opprotunités de connaître d’autres pays. “