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C'est en France et en 2015 : 9 000 enfants vivent dans des bidonvilles

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C'est en France et en 2015 : 9 000 enfants vivent dans des bidonvilles

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L’Unicef pousse un coup de gueule contre les autorités françaises. Les données recueillies par le Fonds des Nations unies pour l’enfance parlent d’elles-mêmes, et on a du mal à croire qu’elles concernent la France : plus de 3 millions d’enfants vivent dans un état de pauvreté dans l’Hexagone, plus de 30 000 sont sans-abris et on estime à environ 9 000 ceux qui sont installés dans de véritables bidonvilles. Le rapport qui examine cette triste situation a été publié mardi, il vise à bousculer les pouvoirs publics afin qu’ils appliquent plus sérieusement la Convention internationale des droits de l’enfant.

L’Unicef souligne que l’horizon est bouché pour ces trois millions d’enfants miséreux. Entre 2008 et 2012, 440 000 de plus étaient passés sous le seuil de pauvreté, et la tendance reste la même. Le droit au logement, tu parles ! Plus de 600 000 adolescents et plus petits seraient livrés à eux-mêmes dans les villes et banlieues françaises. Cela signifie que l’Etat ne joue pas pleinement son rôle pour assurer une protection minimale à ces mineurs contre toute violence et leur donner accès à l’éducation, comme s’en vante pourtant l’école de la République.

Il ne fait pas bon être un enfant de migrant

Les enfants de migrants seraient les plus mal lotis, selon l’instance de l’ONU. Estimés à 8 000, 10 000 sur le territoire français (Difficile de l’établir avec précision), ils sont traités plus comme des étrangers que comme des mineurs qu’on se doit de protéger, comme le stipule la loi sur la protection de l’enfance réformée le 5 mars 2007. “Malgré les recommandations des experts du Comité des droits de l’enfant (organisme lié à l’ONU et basé à Genève) et les alertes répétées du monde associatif, constate Michèle Barzach, la présidente de l’Unicef France, la prise en compte des droits de ces enfants (de migrants) reste encore tout à fait insatisfaisante, menant à des situations indignes”. Indignes en effet comme la traite des mineurs par des réseaux criminels et mafieux, notamment pour la prostitution, le cambriolage ou la mendicité.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance fait également part de sa profonde déception dans le domaine judiciaire. La justice pénale des mineurs s’est beaucoup trop rapprochée de celle réservée aux adultes à partir des années 2000, estime-t-il, ce qui est contraire à l’esprit de la Convention internationale des droits de l’enfant. Il y avait un peu d’espoir mais le gouvernement n’a pas tenu sa promesse : les tribunaux correctionnels dédiés aux mineurs n’ont toujours pas été supprimés.

“Chaque enfant compte. Partout, tout le temps”, c’est l’intitulé du rapport de l’Unicef France qui a été remis officiellement au président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Ce rapport se veut être une critique constructive puisqu’il fait pas moins de 36 recommandations aux autorités françaises.