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Traité de libre-échange transatlantique : les eurodéputés privés de vote


Le bureau de Bruxelles

Traité de libre-échange transatlantique : les eurodéputés privés de vote

Ni vote ni débat sur le traité de libre-échange avec les Etats-Unis… A la grande fureur des eurodéputés opposés à ce traité, le dossier a été retiré de l’ordre du jour. Le Parlement européen devait se prononcer sur un texte dans lequel il posait ses conditions pour accepter un accord avec Washington. Mais le président de l’institution a annulé le vote.

“ Martin Schulz a décidé uniléralement de reporter le vote parce qu’il ne voulait pas que les divisions au sein du groupe socialiste soient visibles. Et j‘étais un peu décontenancée de voir qu’il était absent ce matin. Il a pris une décision, semé le chaos ! Où était Martin Schulz ? “, s’est insurgée la libérale Sophie in ‘t Veld.

Le président du Parlement s’est justifié au micro d’euronews en appelant les eurodéputés à rechercher davantage le compromis. Le sujet est si polémique que plus de 200 amendements avaient été déposés.

“ Le Parlement européen ne devrait pas sous-estimer une chose : la Commission négocie avec les Etats-Unis d’Amérique – l‘économie la plus puissante au monde – et elle le fait au nom des 28 Etats membres – l’autre économie la plus puissante au monde. Et sur un tel accord, le Parlement européen devrait veiller à avoir une voix forte et pas une voix divisée “, a expliqué Martin Schulz.

Les conservateurs du Parti populaire européen ont soutenu la décision de Martin Schulz. Contrairement aux socialistes, qui sont divisés sur le sujet, ils ont fait front commun.

“ Martin Schulz s’est basé sur les règles de procédure et les règles sont claires : s’il y a trop d’amendements et que la plénière ne peut pas les traiter, alors, il est en droit de renvoyer la résolution en commission parlementaire. Il a donc eu notre soutien pour que nous puissions discuter de cela au Parlement dans des conditions correctes “, a déclaré le chef de file du PPE, Manfred Weber.

Pour les Verts et la gauche radicale, il y a beaucoup à faire avant d’accepter cet accord de libre-échange et il faut pouvoir débattre en plénière.

“ Quel est ce Parlement européen qui a peur du vote, qui a peur du débat, et qui a peur des citoyens européens ? Franchement, débatons et votons ! “, s’est exclamé le vert Yannick Jadot.

Si le traité de libre-échange transatlantique est si critiqué, c’est notamment en raison du mécanisme d’arbitrage qu’il inclut entre les Etats et les entreprises. Beaucoup redoutent une justice privée qui favoriserait les multinationales.

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