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Scandale des écoutes en Pologne : les dates clés

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Scandale des écoutes en Pologne : les dates clés

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C’est un véritable tremblement de terre qu’est en train de vivre la classe dirigeante polonaise. Le président du parlement et l’ex-ministre des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski ainsi que trois ministres du gouvernement centre-droit d’Ewa Kopacz ont présenté leur démission. A l’origine : la fuite massive sur internet de documents liés à l’enquête sur un scandale des écoutes. Ce dernier a éclaté l’an dernier avec la publication dans la presse des extraits des enregistrements des conversations compromettantes entre plusieurs personnalités politiques et économiques du pays.

Retour sur les dates clés de l’affaire :

Juin 2014

- L’hebdomadaire Wprost publie sur internet une partie des enregistrements des entretiens effectués dans les restaurants Sowa & Przyjaciele et Amber Room puis les commente dans sa version papier. Les enregisterments concernent entre autres le chef de la Banque Nationale Polonaise Marek Belka et le ministre de l’Intérieur Bartlomiej Sienkiewicz.

- Les services de l’Agence de Sécurité Intérieure perquisitionnent le restaurant Sowa […] et arrêtent les serveurs y travaillant. Marek Falenta, l’homme d’affaires soupçonné d’avoir comanditité les enregistrements, est également arrêté.

- Après une intervention de l’Agence dans les locaux de la rédaction de Wprost, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire promet de fournir les enregistrements au parquet.

- Une semaine après la publication des premiers enregistrements, Wprost en révèle d’autres parmi lesquels ceux des entretiens du chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski avec le ministre des Finances Jacek Rostowski.

- A la fin du mois, le Premier ministre Donald Tusk demande à la Diète (chambre basse du parlement polonais) un vote de confiance qu’il obtient facilement avec la majorité de 237 voix. Lors de son intervention au parlement, Tusk évoque le volet dit “charbon” de l’affaire des écoutes. Parallèlement, le quotidien économique Puls Biznesu suggère que les écoutes du ministre Sienkiewicz (Intérieur) puissent être une vengeance sur le gouvernement Tusk pour avoir limité l’import du charbon russe bon marché.

Juillet 2014

- Le parti conservateur d’opposition Droit et Justice (PiS) demande au parlement le vote d’une motion de censure à l‘égard du gouvernement Tusk, mais sa demande est rejetée.

Août/Septembre 2014

- Donald Tusk est nommé président du Conseil européen, Ewa Kopacz le remplace au poste du Premier ministre.

- Après le remaniement gouvernemental, Bartlomiej Sienkiewicz perd le portfeuille de l’Intérieur et Radosław Sikorski celui des Affaires étrangères.

Février 2015

- Le quotidien Gazeta Wyborcza publie les informations selon lesquelles B. Sienkiewicz dirige un groupe de renseignement qui enquête sur une possible implication des chefs de différents services de sécurité et de renseignement du pays dans l’affaire des écoutes. Le ministre les aurait soupçonné d’organiser un complot.

Mars 2015

- Première information sur la fuite d’actes judiciaires de l’affaire : “Gazeta Wyborcza” publie le contenu des témoignanges des serveurs qui affirment avoir installé les micros sur l’ordre de Marek Falenta mais ce dernier nie son implication dans l’affaire.

Mai 2015

- L’hebdomadaire conservatif et libéral Do Rzeczy publie les enregistrements des conversations entre la commissaire européenne au Marché intérieur et à l’Industrie Elzbieta Bienkowska et le chef du Service Central de Lutte anti-corruption Pawel Wojtunik. L’hebdomadaire en déduit que B. Sienkiewicz autrait ordonné l’incendie survenue devant l’ambassade de la Russie lors de la Marche de l’Indépendance à Varsovie. B. Sienkiewicz trouve ces accusations absurdes et P.Wojtunik considère que ses paroles ont été sorties du contexte. Cela se passe entre les deux tours de l‘élection présidentielle. Un mois plus tard, on apprend qu’une enquête à ce sujet a été lancée.

Juin 2015

- Zbigniew Stonoga, homme d’affaires ayant touché à la politique du côté de l’ancien parti populiste paysan Samoobrona, publie sur sa page Facebook l’intégralité de l’enquête dans l’affaire des écoutes soit près de 2 000 pages contenant des témoignages et des données sensibles de plusieurs témoins et fonctionnaires d’Etat. Brièvement interpellé par la police, Z.Stonoga est relâché après avoir été inculpé pour publication d’actes de l’enquête, un délit passible de deux ans de prison.

- Le procurer général Andrzej Seremet soutient au parlement que le parquet n’a commis aucune faute car il était dans l’obligation de rendre les actes accessibles aux parties de l’enquête. Selon lui, c’est une des parties qui est à l’origine de la fuite.

- La Première ministre Ewa Kpacz annonce devant la presse le départ de ses trois ministres, Bartosz Arlukowicz (Santé), Andrzej Biernat (Sports) et Wlodzimierz Karpinski (Trésor), tous éclaboussés dans l’affaire. Le chef des conseillers de la chef du gouvernement, quatre vice-ministres et le coordinateur des services spéciaux polonais donnent également leur démission.

Source : Gazeta Wyborcza