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Hongrie : lutter contre la malnutrition infantile


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Hongrie : lutter contre la malnutrition infantile

En Hongrie, plus de 42 pourcent des enfants de moins de 7 ans vivaient dans la pauvreté en 2014. Le pays est le mauvais élève du Visegrad, le groupe des quatre pays d’Europe centrale et en queue de peloton au niveau européen. Depuis 2008, le gouvernement n’a pas réévalué les aides à l’enfance, et la précarité infantile s’est accentuée.

Maria Herczog est la président de l’organisation Eurochild :

“De moins en moins de gens reçoivent des aides, et en même temps, il y a un mauvais état d’esprit à propos des plus pauvres. Cela nourrit certaines décisions politiques qui punissent d’abord les pauvres, dont les conditions de vie se détériorent.”

Nous avons rencontré plusieurs de ces familles vivant en dessous du seuil de pauvreté, principalement dans des régions agricoles où le travail fait souvent défaut. Quelque 50 euros par mois ici, pour nourrir une famille, les légumes d’un jardin, pas assez pour offrir aux enfants une alimentation équilibrée et des médicaments. Souvent, c’est à la crèche qu’ils mangent le mieux.

Mária Papp est divorcée, et mère de deux petites filles:

“Quand mes filles ont été en âge d’aller à la crèche, elles ont passé plus de temps à la maison. Elles sont allées à la crèche 2-3 jours, peut-être une semaine, puis sont tombées malades et sont restées à la maison. Le plus long, ce fut ce printemps, elles ont passé neuf semaines à la maison malades… Biborka, l’une des petites, fait une intolérance au lactose, elle a besoin de formules spéciales pour bébés et ça change, si je dois payer 12 euros pour 5 doses hebdomadaires, ou 1 euro, voire rien du tout, grace à l’aide du Children’s Meal Fund, le Fonds alimentaire à l’enfance.”

L’Ong Children’s Meal Fund a lancé l’an dernier dans le village de Batmonoshtor un programme pour aider les plus démunis à accèder aux médicaments. L’expérience a fait ses preuves, et à partir de juillet, toutes les communes de 1500 à 3000 habitants pourront solliciter l’aide de ce programme soutenu par les dons des particuliers et des entreprises.

Gábor Király, président de Children’s Meal Fund :

“Ce programme est très simple. Nous donnons des fonds aux praticiens pour leur permettre d’acheter des médicaments pour les enfants ou les femmes enceintes qui n’en ont pas les moyens. Comme ça, les pharmacies peuvent distribuer les médicaments prescrits, et les gens peuvent se soigner.”

Le médecin Magdolna Gyulai coordonne le programme Poor’s Pharmacy à Batmonoshtor. Elle raconte que les personnes dans le besoin n’aiment pas évoquer leurs problèmes, c’est difficile de les convaincre de solliciter de l’aide.

“La plupart de ces gens ont honte, ils préfèrent cacher le fait qu’ils ne peuvent pas acheter des médicaments pour leurs enfants : les enfants, c’est ce qui est le plus important pour eux. Ne pas pouvoir les soigner, pour eux, c’est être mauvais parent. Ces enfants qui meurent de faim, même s’ils ont un poids plus ou moins acceptable apprennent plus difficilement, ils ne peuvent pas se concentrer, ils font plus lentement leurs exercices de maths, ils apprennent à lire plus lentement. Bien souvent, la faim atténue les capacités. Quand on parle aux parents, oui, on comprend la vérité. Quand une mère dit : “je n’ai pas eu le temps de lui donner un petit déjeuner” – c’est que non, elle n’a rien à lui donner.”

Izabella Benedek, une autre maman:

“Quand ils sont petits, les enfants ne remarquent pas vraiment les problèmes, ils ne se rendent pas vraiment compte. Pour les plus âgés, nous devons expliquer que malheureusement, nous n’avons pas les moyens d’acheter ceci ou cela, peut-être plus tard, si nous avons l’argent.”

Le gouvernement va débloquer 9,5 millions d’euros cet été pour financer des repas d’urgence aux plus démunis. Mais la racine du fléau demeure.

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