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La Fed relèvera-t-elle finalement ses taux d'intérêt ?

Bienvenue dans Business Middle East. Dans cette édition, gros plan sur la réunion de la Réserve fédérale des États-Unis et sur ses répercussions

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La Fed relèvera-t-elle finalement ses taux d'intérêt ?

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Bienvenue dans Business Middle East. Dans cette édition, gros plan sur la réunion de la Réserve fédérale des États-Unis et sur ses répercussions potentielles.

Au coeur des discussions de cette réunion cruciale : l‘état de santé de l‘économie américaine au premier semestre 2015.

Depuis la fin de la politique monétaire d’assouplissement quantitatif (QE) de la Fed en octobre dernier, on annonce le relèvement des taux d’intérêt américains pour le mois de juin.

Mais encore faut-il que Janet Yellen, la présidente de l’institution, juge le moment opportun.

Ce qui ne semble pas être le cas pour la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui lui à d’ores et déjà conseillé de remettre à plus tard cette augmentation.

La banque centrale américaine suivra ce conseil ?

Avant d’envisager les scénarios possibles, le point sur la situation.

Depuis décembre 2014, la Réserve fédérale américaine n’en finit pas d’annoncer le relèvement de ses taux d’intérêt pour la mi-2015 dans la mesure où la situation économique des Etats-Unis s’y prête.

Pour la directrice générale du Fonds Monétaire International, Christine Lagarde, il serait préférable de temporiser jusqu’au début de l’année prochaine :

“La première hausse des taux d’intérêt de la Fed en près de 9 ans a été soigneusement préparée et anticipée. Cela dit et indépendamment du calendrier initial, un relèvement des taux américains pourrait encore se traduire par une volatilité significative sur les marchés et avoir des conséquences sur la stabilité financière bien au-delà des frontières américaines.”

Emboîtant le pas du FMI, la Banque mondiale plaide, elle aussi, pour que cette hausse des taux intervienne en 2016 plutôt que d’ici à fin 2015. Il faut dire que les États-Unis ont connu un début d’année difficile du fait notamment d’un dollar fort et d’un marché pétrolier en berne.

Mais la première économie mondiale reprend du poil de la bête.

Le salaire moyen aux Etats-Unis a ainsi augmenté de 2,3 %, soit son plus haut niveau depuis août 2013.

Les créations d’emplois ont également fait un bond rassurant en mai (+ 280.000) et l’accélération des ventes de détail (+ 1,2 %) est interprétée comme le signe tant attendu du réveil des consommateurs américains, acteurs clé de la croissance outre-atlantique.

Daleen Hassan, euronews :

“Le relèvement des taux d’intérêt aux Etats-Unis, s’il est acté, pourrait avoir un impact significatif sur les marchés internationaux et du Moyen-Orient.
Pour analyser les conséquences de la réunion de la Fed, nous accueillons Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable en chef des Stratégies Marchés, chez ADS Securities, à Abu Dhabi.

Bonjour Nour, pensez-vous que les résultats économiques américains sont suffisants pour envisager la hausse des taux d’intérêt ? Ou estimez-vous toujours que la Fed devrait se montrer plus prudente ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“Il est clair que les derniers chiffres publiés aux États-Unis ne sont pas suffisamment satisfaisants pour que la Réserve fédérale relèvent ses taux d’intérêt à l’occasion de cette réunion.

Il y a plusieurs indicateurs négatifs et peu d’indicateurs positifs, y compris dans le domaine de l’emploi.

Donc, ADS, comme de nombreux analystes sur le marché, estime que la Fed devrait encore patienter avant d’augmenter ses taux d’intérêt, d’autant que l‘économie mondiale, de même que l‘économie américaine, affiche un ralentissement.

De plus, l’inflation aux États-Unis n’est pas suffisante pour envisager un relèvement des taux.

Le mois dernier, l’indice en glissement annuel des prix à la production est tombé à un plus bas à 0,6 %, alors que la Fed tablait sur 2 % environ.

Il y a donc toutes les changes pour que la banque centrale américaine maintienne ses taux d’intérêt inchangés en pleine baisse de l’inflation et attende l’année prochaine pour les relever.”

Daleen Hassan, euronews :

“Mais si la Fed décidait quand même de relever ses taux, quel impact cela aurait-il sur le marché obligataire américain et international ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“Les marchés ont récemment connu un repli notable à travers le monde dans le sillage de la crise grecque.

Si la Fed décide de relever ses taux, le marché obligataire européen et américain risque d’accuser sérieusement le coup. La baisse engendrée pourrait être plus forte et plus rapide que la précédente.

Le taux de rendement obligataire pourrait alors encore grimper, ce qui ne sera favorable ni à la Réserve fédérale, ni à la Banque centrale européenne.”

Daleen Hassan, euronews :

“Quelles conséquences aura la décision de la Fed en particulier sur les marchés du Moyen-Orient ? Quels sont les scénarios possibles dans cette région ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :

“Au Moyen-Orient, le marché des actions est très sensible aux changements mondiaux. Le déclin des obligations a eu un léger impact négatif sur le marché obligataire régional.

Dans le même temps, si la Réserve fédérale américaine décide de maintenir ses taux d’intérêt inchangés, la nouvelle sera bien accueillie par les marchés du Moyen-Orient.

À l’inverse, une augmentation des taux américains pourrait avoir un impact négatif sur le marché obligataire au Moyen-Orient, car l’appréciation du dollar pourrait peser sur le prix du baril de brut, ce qui aurait des répercussions sur le marché obligataire régional.

Malgré tout, ouvrir la porte aux investisseurs étrangers sur le marché saoudien sera un excellent catalyseur pour la région et l’Arabie Saoudite. Cela pourrait conduire à une stabilisation importante propice à de futurs investissements étrangers sur place.”

Daleen Hassan, euronews :
“Merci Nour.”

C’est tout pour cette semaine. Pour davantage d’infos économiques, n’hésitez pas à regarder notre chaîne youtube euronews business. Merci de nous avoir suivi et à bientôt