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L'encyclique sur l'écologie : le pape François s'engage

La conférence COP 21 pourra-t-elle sauver la planète? A six mois de la conférence sur le climat prévue à Paris en décembre 2015 sous l‘égide des

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L'encyclique sur l'écologie : le pape François s'engage

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La conférence COP 21 pourra-t-elle sauver la planète?
A six mois de la conférence sur le climat prévue à Paris en décembre 2015 sous l‘égide des Nations Unies, le pape François semble bien décidé à apporter sa pierre à l‘édifice du développement durable.

Le Vatican a publié ce jeudi une encyclique intitulée “Laudato si (loué sois-tu), sur la sauvegarde de la maison commune”.
Un texte de 192 pages réparties en 6 chapitres, et consacré à l‘écologie. Du jamais vu !

Ce document papal, qui appelle à faire de la protection de la planète un “impératif moral”, ne s’adresse pas seulement au 1.2 milliard de catholiques dans le monde. Il veut toucher tous les habitants de la planète.

Si Saint-François d’Assise, qui prônait le respect de la création divine, est devenu le patron des écologistes, François épouse de nombreux arguments claironnés par les militants verts.

Appel au courage politique

Il fustige la “myopie de la logique du pouvoir”, exhorte à établir un “nouveau dialogue”, et à agir vite, alors que la planète “semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir.”
Il en appelle ainsi au courage politique, pour dépasser les intérêts politiques ou économiques.

Sur la raréfaction des réserves naturelles d’eau, il attaque par exemple l‘économie de marché : “Même si la qualité de l’eau disponible se réduit constamment, on voit par ailleurs une tendance croissante, en dépit de cette rareté, à privatiser cette ressource, à en faire une marchandise soumise aux lois du marché”. S’inscrivant dans la critique de la logique du profit, il réfute encore l’efficacité des crédits carbone, une “solution rapide et facile”, qui “peut donner lieu à une nouvelle forme de spéculation”.

Liens fructueux entre science et religion

S’affichant en allié de la communauté scientifique, il reprend ses conclusions sur le réchauffement climatique, “l’un des principaux défis actuels pour l’humanité”, et dont il admet qu’il est provoqué par les activités humaines. Il s’oppose ainsi aux climatosceptiques.
Déterminé à s’emparer de cette question au nom de la “morale” et de “l‘éthique”, le souverain pontife prône le rapprochement de la science et de la religion, qui peuvent nouer un “dialogue fructueux”.

Crises sociale et environnementale

Le pape François établit par ailleurs de nombreux liens entre crise écologique et pauvreté : “L’exposition aux polluants atmosphériques produit un large éventail de risques pour la santé, et particulièrement chez les pauvres.”
Lutter contre l’exclusion et protéger la planète apparaissent ici comme deux composantes d’une crise qualifiée de “complexe”, à la fois sociale et environnementale. Il enjoint ainsi les pays riches à accepter la décroissance, et à aider les plus pauvres, afin de réaliser une transition énergétique efficace.

Qu’il s’agisse de politiques publiques, de comportements individuels (“la culture du jetable”), ou du marché, cette encyclique du pape François pointe les irresponsabilités, plurielles, des habitants de la planète.

Le texte a déclenché l’ire de certains conservateurs catholiques américains, qui lui reprochent de se mêler de science et de politique.