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Plus d'un million d'euros récoltés pour rembourser la dette grecque

La Grèce et sa dette font les gros titres de la presse depuis des mois et les méandres des négociations s‘étirent, s‘étirent… Mais alors que les

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Plus d'un million d'euros récoltés pour rembourser la dette grecque

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La Grèce et sa dette font les gros titres de la presse depuis des mois et les méandres des négociations s‘étirent, s‘étirent…

Mais alors que les différents protagonistes tels Jean-Claude Juncker et Alexis Tsipras semblent perdre patience, un jeune habitant de Londres de 29 ans a craqué le premier.

Thom Feeney, las de la situation complètement bloquée entre la Grèce et ses créanciers, a lancé une campagne de financement participatif dans l’espoir d’aider Athènes et créé un compte Twitter pour accompagner cette campagne. Pour rappel, le financement participatif consiste à lever des fonds auprès de particuliers au lieu de banques ou d’organismes de prêts.

En seulement deux jours sa campagne avait déjà collecté près d’un quart de millions d’euros auprès de 15 000 personnes environ.

Encore trois jours, et la barre du million d’euros récoltés a été dépassée. Et pourtant, cela ne représente que 0,08% de l’objectif fixé… Le compteur du site de financement participatif n‘étant pas aussi précis, le compteur du taux de réussite reste bloqué à 0%.

Et cela est sans compter que l’objectif de 1,6 milliards ne représente que le prêt que la Grèce devait rembourser au FMI le 30 juin dernier. Le total de la dette s‘élève lui à plus de 312 milliards d’euros. Le million d’euros récolté — un bel exploit en terme de financement participatif — semble tout à coup bien relatif.

M. Feeney, vendeur dans un magasin de chaussures, indique sur la page de sa campagne : “Toutes ces intrigues autour de la Grèce deviennent vraiment ennuyeuses. Tous ces ministres européens qui montrent leurs muscles et prennent des postures politiques sur le fait de savoir s’ils peuvent aider le peuple grec ou non. Pourquoi nous ne réglerions pas le problème pendant ce temps ?

Il poursuit en ajoutant : “L’Union européenne compte 503 millions d’habitants. Si nous mettons tous quelques euros alors nous pouvons sortir la Grèce de son impasse et, espérons, la remettre sur rails rapidement. C’est simple.

Il s’est aussi depuis expliqué dans le quotidien britannique The Guardian (lien en anglais)

Comme dans toute campagne de financement participatif, M. Feeney propose une série de contreparties en échange des participations, comme par exemple une carte postale avec la photo du Premier ministre grec postée de Grèce, ou pour des personnes plus généreuses offrant 5 000 euros, une semaine de vacances à Athènes.

Le nombre de participants étant déjà de plus de 78 000 personnes au 2 juillet, l’envoi de ces contreparties semble bien difficiles à mettre en oeuvre pour une personne seule et non une organisation, comme cela est majoritairement le cas pour les grandes campagnes qui génèrent de levées de fonds importantes par de nombreuses personnes.

M. Feeney a précisé que si l’objectif de 1,6 milliards d’euros n’est pas atteint les donateurs seront remboursés.

Il a ajouté : “je ne cherche pas à tenir un discours politique sur la question. Ceci est une vraie tentative pour faire quelque chose.[…] Nous pouvons aider nos cousins grecs en achetant de magnifiques produits grecs comme de la feta, des olives, du vin et tant d’autres choses. Ou en partant en vacances en Grèce”. Il conclut : “c’est l’idée qui a guidé mes choix pour les contreparties : le commerce aidera la Grèce et le peuple grec à sortir de leur situation actuelle.??”

Le succès de cette campagne a temporairement rendu sa page IndieGoGo inaccessible pendant plusieurs heures le 30 juin dernier.

A la fin de ce 30 juin, il a précisé sur Twitter qu’il était désolé de ne plus pouvoir répondre à toutes les questions qui affluaient car il devait travailler !

D’autres personnes ont eu la même idée mais les campagnes ne fonctionnent pas du tout.
Certaines d’entre elles semblent pourtant beaucoup plus réalistes en proposant non pas le remboursement d’une tranche de la dette mais l’achat très concret de médicaments et de nourriture. Mais cette dernière, par exemple, n’a récolté pour l’instant aucun financement.
D’autres sont beaucoup plus spécifiques et cherchent à aider des échanges ou projets artistiques ou à aider des citoyens grecs.

Edité et mis à jour le 02 juillet 2015