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Grèce, référendum et démocratie

“Personnellement, je prends la responsabilité de trouver une solution immédiatement après le processus démocratique. Dans le même temps, je fais

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Grèce, référendum et démocratie

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“Personnellement, je prends la responsabilité de trouver une solution immédiatement après le processus démocratique. Dans le même temps, je fais appel à vous pour renforcer nos efforts de négociation, je vous appelle à dire non à des plans de sauvetage qui détruisent l’Europe.”

Ainsi, Alexis Tsipras a tenu bon mercredi. Référendum il y aura, ce dimanche, le dirigeant grec a mis entre les mains de son peuple le sort des dernières propositions de la Troika, jugées inacceptables par Athènes. Deuxième tentative de référendum depuis le début de la crise, après celle avortée, de 2011.

“Devons-nous accepter l’accord proposé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international lors de la réunion de l’Eurogroupe du 25 juin 2015”, telle est la question. Pour les dirigeants grecs, il s’agit de dire “non à l’ultimatum” des créanciers, mais “oui à l’Europe de la solidarité”.

La question jugée trop vague et le “non” mis en tête sur le bulletin ont fait polémique, un référendum anticonstitutionnel par certains :

“L’article 44 paragraphe 2 de la Constitution grecque interdit clairement l’organisation d’un référendum sur des questions de finances publiques pour une raison évidente explique ici le politologue Dimitri Sotiropoulos, c’est parce qu’une question aussi délicate et complexe que les finances d’un Etat ne peut être traitée par un “oui” ou un “non”…”

Une consultation d’urgence, organisée en 5 jours, techniquement trop court : critique, le Conseil de l’Europe lui-même a rappelé qu’il recommandait deux semaines de campagne…

Pour les autres, c’est bien une leçon de démocratie qui se jouera dimanche, appelée à se reproduire :

Nikos Skoutaris, constitutionnaliste :
“Peut-être que ce référendum marque une nouvelle période où nous verrons ce genre de consultations se développer. Je vous rappelle que David Cameron s’est lui-même engagé sur un référendum. Nous entrons probablement dans une période de référendums, de Grexit à Brexit, où les Etats vont décider via des référendums, de leur relation avec l’Europe.”

Coup de poker du dirigeant grec, une victoire du “non” sur laquelle il compte pour renforcer sa position de négociation, pouvant conduire in fine à la sortie de la Grèce de la zone euro… Un évènement inédit et un saut dans l’inconnu pour les institutions.