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La Galerie 11/07/95 : le mémorial de Srebrenica

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La Galerie 11/07/95 : le mémorial de Srebrenica

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Il y a vingt ans, en juillet 1995, 8 000 bosniaques, des hommes et des adolescents, étaient massacrés à Srebrenica par les forces serbes commandées

Il y a vingt ans, en juillet 1995, 8 000 bosniaques, des hommes et des adolescents, étaient massacrés à Srebrenica par les forces serbes commandées par Ratko Mladic.

La ville avait pourtant été déclarée “zone de sécurité” par les Nations Unies et 400 casques bleus néerlandais étaient déployés à proximité quand les forces serbes ont raflé les hommes avant de les assassiner.

Le massacre venait d’avoir lieu quand le photographe Tarik Samarah est arrivé.

“J’ai passé la guerre de 92-95 à Sarajevo” raconte le photographe. “La ville était assiégée, et ensuite, je suis partie dans l’Est de la Bosnie. Et même si à Sarajevo, j’avais vu tous les jours des civils se faire tuer, je n‘étais pas du tout préparé à ce que j’ai trouvé dans les forêts de l’Est de la Bosnie. Quand j’ai vu tous ces restes humains, que les animaux dévoraient partout dans la forêt, j’ai réalisé que je ne pouvais pas être un simple observateur. Face à un tel crime, chacun doit être un témoin informé et responsable.”

Le mémorial est baptisé “Galeriya” 11/07/95”:http://galerija110795.ba/, la Galerie du 11 juillet 95, en souvenir de la date du début du massacre de Srebrenica massacre. Le mémorial est à Sarajevo, la capitale de Bosnie-Herzégovine.

En dehors des photographies, des vidéos présentent les récits des rares survivants qui ont sont parvenu à échapper aux massacres en se cachant sous les corps.

Le Tribunal Pénal pour l’ex Yougoslavie a qualifié les tueries de Srebrenica comme “le pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.”

L’existence du massacre a été reconnue en 2004 par la République Serbe de Bosnie et, en 2010, par le Parlement de Serbie. En France, le terme de génocide est retenu dans le programme officiel de l‘Éducation nationale.

Le photographe Tarik Samarah a consacré plusieurs années à un projet intitulé “Srebrenica – un génocide au cœur de l’Europe.”

Des milliers de visiteurs découvrent chaque année ses photographies qui sont exposées dans cette galerie qui a ouvert ses portes il y a trois ans.

“La Galerie du 11/7/95 est le premier mémorial dedié à Srebrenica” explique Tarik Samarah. “J’en suis l’un des fondateurs et c’est le résultat de mon travail. C’est un moyen d‘éduquer la jeunesse au quotidien. Pas seulement eux, mais aussi les gens qui viennent ici toute l’année.”

Vingt ans après le massacre, les Nations Unies ont mis au vote un projet de résolution qualifiant de génocide le massacre de Srebrenica. La Russie, l’alliée traditionnelle de la Serbie, a opposé son veto à ce projet à ce texte d’inspiration britannique qu’elle a qualifié de “non-constructif, conflictuel et politiquement orienté.”