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Grèce : #ThisIsACoup et autres réactions politiques et médiatiques


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Grèce : #ThisIsACoup et autres réactions politiques et médiatiques

Nous vous proposons un tour d’horizon des réactions de la classe politique française, européenne et américaine à l’accord conclu entre la Grèce et les pays de la zone euro, des réactions et avis divergents apparus dans la presse et sur twitter avec le phénomène mondial #ThisIsACoup.

En France, tout le gouvernement a parlé d’une seule voix lundi matin pour saluer l’accord trouvé entre la Grèce et l’Eurogroupe et souligner le rôle de la France dans ce dossier.

Le président François Hollande a donné le ton avec un message sur Twitter :

Il a été suivi de près par ses ministres.

Le Premier ministre Manuel Valls s’est fendu de deux messages signés de sa main sur le même réseau social. Le premier est dans la lignée du discours officiel : “La France a joué son rôle jusqu’au bout“ ; le second est plus imagé.

Même style adopté par Fleur Pellerin, ministre de la Culture.

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education est restée plus sobre :

Harlem Désir, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a aussi a rappelé le rôle de la France après s‘être félicité de cet accord dans l’intérêt de l’Europe.

Le Parti Socialiste a indiqué dans un communiqué que “toute la gauche et les écologistes qui ont fait bloc au parlement et dans le pays contre le Grexit verront dans cette sortie de crise l’aboutissement de leurs efforts communs.“ Le communiqué reprend aussi la ligne du gouvernement en précisant : “La France par la voix du président de la République a joué un rôle central avec sagesse et détermination“. Le Parti Socialiste a aussi un petit mot pour les Grecs : “le peuple grec n’est pas au bout de ses souffrances mais il a maintenant un avenir“.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts s’est montrée plus nuancée. Si elle a “salué cet accord“, elle a ajouté “la dureté de l’accord interroge sur la construction européenne de demain. Cela pose la question de comment mettre de la démocratie dans ces débats.

Côté opposition, les réactions sont pour le moment plutôt rares.

Marielle de Sarnez, vice-présidente du parti centriste du Modem s’est réjouie de cette issue:

Philippe Vigier, président du groupe UDI, aussi au centre, est plus critique. Il reconnaît dans un communiqué que “la conclusion de cet accord démontre que même au plus fort d’une crise sans précédent les Européens entendent assumer une communauté de destin“. Mais il tire immédiatement des conclusions pour l’avenir “Cette crise grecque doit maintenant nous permettre de tirer des leçons : il n’est désormais plus possible de naviguer à vue.“ Il appelle à un “fédéralisme assumé“.

Du côté du Parti des Républicains, aucune réaction pour le moment des cadors du Parti, pourtant très critiques ces derniers jours, que ce soit Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon, Brice Hortefeux ou Jean-Pierre Raffarin.

Ligne de la future communication des membres de Les Républicains : répondre à l’argument gouvernemental du rôle de la France dans les négociations en attaquant François Hollande sur son poids véritable ?
Le porte-parole du Parti s’en est, en tout cas, pris directement au président de la République peu de temps après l’annonce de l’accord en mettant en doute sa capacité et sa méthode de négociation :

Même argument d’Eric Ciotti, secrétaire général adjoint du Parti Les Républicains, qui tacle François Hollande :

Nicolas Dupont-Aignan de Debout la République, souverainiste qui milite pour une sortie de l’euro pour la France, a aussitôt attaqué la monnaie unique :

Le Front National aussi a choisi cet angle pour critiquer l’accord :

Du côté de la Commission européenne, lors de la conférence de presse finale du sommet de l’Eurogroupe ce lundi matin, Jean-Claude Juncker a répondu à la question d’un journaliste qui lui demandait si l’accord ne signait pas la fin de Syriza et n’allait pas à l’encontre du résultat du référendum grec.

Sa réponse a été celle-ci :

Dans un compromis, il n’y a ni gagnant, ni perdant. Je ne pense pas que le peuple grec ait été humilié ou que d’autres Européens aient perdu la face. C’est un arrangement européen classique.”

Autres réactions politiques

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol : “Nous venons de terminer, il y a un accord. J’espère que tout le monde le respectera. Nous devons améliorer la gouvernance de l’UE“.

Et la Moncloa d’ajouter : “La Grèce reste dans la zone euro, l’UE toujours solidaire et exigera que les engagements soient respectés.”

Alors que la rencontre n‘était pas terminée, Pablo Iglesias, le dirigeant du parti de gauche Podemos, envoyait ce message de soutien aux Grecs:

Tout notre soutien au peuple grec et à son gouvernement contre les mafieux“.

En Belgique, le Premier ministre Charles Michel réagissait juste après l’annonce de l’accord :

Au Luxembourg, le Premier ministre, Xavier Bettel, a réagi par ces tweets : “Après 17h de négociations, nous approchons d’un accord, l’Europe est forte“.

Et finalement très brièvement par : “Accord. La journée peut commencer“.

En Italie, Matteo Renzi n’a pas réagi sur Twitter, après avoir été plutôt présent, la semaine dernière, avant le référendum grec. Il soutenait alors le “oui” et estimait qu’il fallait choisir entre l’euro et la drachme, la monnaie grecque.

Réactions dans les médias

En Grèce, des mots très durs, et parfois malheureux, dans certains journaux comme la Une de Dimokratia (conservateur) ce matin : “La Grèce à Auschwitz : Schaüble tente un holocauste de la zone euro.”

La Une d’Efimerida ton Syntakton (journal de gauche) n‘était pas tendre non plus à l‘égard du ministre allemand des Finances qui soutenait un Grexit temporaire de cinq ans samedi encore :

Noyez le pays, ordre de Wolfgang Schaüble“.

Dans le journal plutôt de centre-droit Kathimerini, le rédacteur en chef de l‘édition britannique tweetait après l’annonce de l’accord :

Peut-être que les dirigeants européens ont arraché la victoire des mâchoires de la défaite. Le temps le dira. Mais la sale façon dont nous sommes arrivées là a été toxique.”

En France, la Une du journal de gauche
Libération était elle aussi focalisée sur les propositions de Wolfgang Schaüble ce lundi 13 juillet : “A quoi joue l’Allemagne ?”

En Grande-Bretagne, l‘éditorialiste du journal économique City AM, John Hulsman, expliquait encore la nuit dernière :

L’humiliation de la Grèce a exposé au grand jour le mensonge au coeur de l’Union européenne“.

C’est le titre d’un édito dont voici le lien , qui reflète le point de vue britannique sur les craintes de perte de souveraineté et met en exergue la domination allemande au sein de l’Union européenne.

Pour le Financial Times, Les créanciers brutaux de la Grèce ont détruit le projet de la zone euro

Pour le Guardian : “L’Europe prend sa revanche sur Tsipras“.

Vu outre-Atlantique, aux Etats-Unis, le
Washington Post estimait que L’Allemagne ne veut pas sauver la Grèce. Il semble qu’elle veuille l’humilier

Raz-de-marée #ThisIsACoup sur Twitter

Lundi à l’aube, un compromis s‘était dessiné, mais pas suffisant pour que le gouvernement grec plie, tandis que des milliers de tweets l’appelaient, sous le hashtag “Thisisacoup” (C’est un coup d’Etat), à résister aux “diktats” des créanciers. La créativité des internautes a presque été sans borne.

Voici la carte montrant la progression du hashtag #ThisIsACoup dans le monde entier :

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