DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Odessa à l'heure du cinéma pour son festival 2015

Vous lisez:

Odessa à l'heure du cinéma pour son festival 2015

Taille du texte Aa Aa

Douze films en compétition pour le Duc d’or, la plus haute récompense du Festival d’Odessa qui s’est ouvert cette année en présence Mikheil

Douze films en compétition pour le Duc d’or, la plus haute récompense du Festival d’Odessa qui s’est ouvert cette année en présence Mikheil Saakachvili, l’ancien président géorgien qui est aujourd’hui gouverneur de cette région d’Ukraine.

Le film turc “Sivas” était présenté au public d’Odessa hors compétition. Ce film, qui a reçu le prix spécial du jury à Venise l’année dernière, raconte l’histoire de l’amitié inattendue entre un garçon et Sivas, un chien de combat abandonné.

L’action se déroule dans l’Est de la Turquie dans le milieu violent des combats de chiens où l’adolescent cherche à prendre ses marques.

Le réalisateur, Kaan Müjdeci, tenait beaucoup à présenter son film à Odessa. “C’est important que les gens d’Odessa voient mon film parce qu’il s’agit d’un monde d’homme et d’un garçon de 11 ans qui apprend à devenir un homme” explique-t-il.

“Odessa en flammes” était l’un des autres films présentés hors compétition pour la sixième édition du Festival d’Odessa.

Ce film qu’on croyait perdu, et qui avait reçu le lion d’or à Venise en 42, est l’histoire du siège d’Odessa, en 1941, du point de vue des Roumains. Aujourd’hui, plus de soixante-dix ans après, tout ce qui concerne la guerre, l’occupation ou la propagande, touche tout particulièrement les Ukrainiens. Pour le responsable des rétrospectives à Odessa, Ivan Kozlenko, l’idée était de “montrer cette période de l’occupation d’Odessa et de la Bessarabie pas seulement du point de vue soviétique, mais aussi d’une perspective roumaine : cela peut aider à comprendre que toute interprétation d‘évènements historiques est toujours liée à une idéologie et à des clichés de propagande.”

Le conflit dans l’Est de l’Ukraine a beau être à plusieurs centaines de kilomètres d’Odessa, le festival n’est pas autant tout à fait épargné : cette année, les budgets sont serrés et beaucoup de participants européens se sont désistés, de peur de se rendre dans un pays en guerre.

“En Ukraine, l’industrie du cinéma est dans une mauvaise passe” explique Viktorya Tigipko, la directrice du Festival International du film d’Odessa. “Les financements ont été arrêtés, mais il y a une stratégie de développement et il est vital de la mettre en place. Il y a beaucoup réalisateurs de talents en mesure de faire des films. Ce qui est important, ce que l‘État ne subventionne pas seulement dix à douze films par an, mais des dizaines de films chaque année.”
Michael Nyman était l’un des invités d’honneur du Festival d’Odessa 2015. Le compositeur était venu avec son orchestre pour accompagner à sa façon “L’homme à la caméra”, le film muet du documentariste soviétique Dziga Vertov.
Pour l’envoyée spéciale d’Euronews à Odessa, Evgeniya Rudenko, un des enjeux de cette sixième édition du Festival du film d’Odessa était de prouver que, malgré la guerre dans l’Est de l’Ukraine, Odessa reste une ville où l’on “peut venir sans crainte.”