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Iran et Grèce : quel avenir à l'issue d'un long bras de fer ?

Bonjour et bienvenue dans Business Middle East. Au sommaire de cette édition : les implications de l’accord sur le nucléaire iranien. Et dans notre

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Iran et Grèce : quel avenir à l'issue d'un long bras de fer ?

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Bonjour et bienvenue dans Business Middle East. Au sommaire de cette édition : les implications de l’accord sur le nucléaire iranien. Et dans notre rubrique Business Snapshot : la Grèce sur la voie des réformes.

Aube d’un jour nouveau ou bien erreur historique ? Quelles que soient les interprétations de l’accord de Vienne, l’Iran et les grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) mettent un terme à des années de négociations complexes.

Cet accord historique va, en tout cas, offrir une bouffée d’oxygène à l‘économie iranienne qui a souffert de l’embargo international.

La levée des sanctions devrait non seulement profiter à Téhéran qui cherche notamment à augmenter sa production pétrolière, mais également aux autres pays de la région.

Le point avec Rita del Prete notre correspondante à Dubaï.

Iran : la porte ouverte aux échanges

L’accord sur le nucléaire iranien conclu dans la capitale autrichienne met un point final à plus d’une décennie d‘âpres négociations entre Téhéran et la communauté internationale. Les sanctions économiques et financières imposées par les Européens et les Américains doivent être levées dès l’entrée en vigueur du texte prévue début 2016.

Avec la fin de l’embargo, l‘économie iranienne tout entière va, à nouveau, respirer et avoir accès à quelque 92 milliards d’euros d’avoirs gelés à l‘étranger. Téhéran a également d’ores et déjà annoncé son intention d’augmenter sa production pétrolière d’ici à décembre.

Plusieurs pays voisins, tels que la Turquie et les États du Golfe, devraient eux aussi bénéficier de la levée des sanctions internationales. L’Iran étant, par exemple, le 4ème partenaire commercial des Émirats Arabes Unis.

“En Iran, les banques et les milieux d’affaires seront vraisemblablement les deux premiers secteurs à profiter de l’accord de Vienne via les Émirats Arabes Unis, souligne notre correspondante au Moyen-Orient. A commencer par Dubaï qui dispose de toutes les infrastructures requises pour dynamiser l‘économie iranienne. En un an, le volume d’affaires entre les Émirats et Téhéran pourrait augmenter de 20 %.”

L‘éclairage de l’expert

Daleen Hassan, Euronews :
“Pour une analyse approfondie du sujet, j’accueille Nour Eldeen Al-Hammoury, Responsable en chef des Stratégies Marchés, chez ADS Securities, à Abu Dhabi.

Nour, sachant que l’Iran compte augmenter sa production pétrolière d’ici à la fin de l’année, comment l’OPEP entend-elle s’adapter à la situation ? Et d’ici-là, quelles sont les tendances sur le marché du brut ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :
“Selon de nombreux analystes et commentateurs, l’Iran aura de difficultés à exporter 1 million de barils par jour dès le lendemain de la levée des sanctions internationales. La question cruciale à présent est de savoir comment l’OPEP va gérer un tel risque. Selon nous, le cartel va tout faire pour stabiliser les cours du pétrole, comme il l’a déjà fait en début d’année. Résultat : le prix du baril de brut WTI a réussi à se stabiliser autour des 49,88 dollars et devrait rester stable dans les semaines et mois à venir.”

Daleen Hassan, Euronews :
“La reprise des échanges commerciaux avec l’Iran devrait être bénéfique pour les pays de la région. Depuis Abu Dabi, comment voyez-vous les choses pour les Émirats Arabes Unis ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :
“En effet, la levée des sanctions à l’encontre de l’Iran ouvre des opportunités pour tous les pays et pas seulement au Moyen-Orient.
Mais, la proximité géographique est évidemment un atout pour les pays voisins.
En outre, l’accord entre l’Iran et l’occident devrait atténuer les peurs concernant les tensions géopolitiques dans la région. Par conséquent, le commerce, les affaires et les opportunités financières devraient être nombreuses entre l’Iran et les pays voisins.”

Daleen Hassan, Euronews :
“Nour, on se retrouve, juste après ce sujet consacré à une autre épreuve de force. Celle qui oppose Athène à ses créanciers. Pour autant, l’accord conclu la semaine dernière entre la Grèce et ses partenaires de la zone euro laisse espérer une avancée dans ce dossier. c’est l’heure de notre rubrique Business Snapshot.”

L’instanté économique : la Grèce après l’accord de Bruxelles

La semaine dernière, à l’issue du sommet marathon de Bruxelles, l’Eurogroupe a donc finalement donné son accord pour négocier un 3e plan d’aide à la Grèce, qui risquait dans le cas contraire, une sortie de l’Union monétaire.

Dans la foulée, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras a déclaré assumer la pleine responsabilité de la signature de ce texte auquel il ne croit pourtant pas, mais qu’il est obligé d’appliquer.

De son côté, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a fait savoir qu’un allègement de la dette était indispensable à la viabilité d’une nouvelle aide européenne.

Même son de cloche du côté de directeur de la Banque centrale européenne. Reste à déterminer la meilleure façon d’alléger la dette de la Grèce qui représente aujourd’hui 180 % de son PIB. Mario Draghi évoque notamment la piste de l’allongement de la période de grâce.

Sous réserve d’une nouvelle cure d’austérité, la Grèce devrait ainsi bénéficier d’un troisième programme d’aide d’un montant de 82 à 86 milliards d’euros.

L‘éclairage de l’expert : la suite

Daleen Hassan, Euronews :
“De nouvelles négociations sont en cours avec la Grèce concernant un troisième plan de sauvetage. Selon vous, pourra-t-il être effectif sans réduction de la dette ou sans restriction ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, ADS Securities :
“La situation grecque est complexe. Le plan qui a d’abord été refusé par le gouvernement grec a finalement été accepté par ce même gouvernement alors qu’il ne croit pas en ce plan. Cela dit, nous partageons l’avis du gouvernement grec. Ce plan ne prévoit pas assez de croissance pour que la Grèce soit en mesure de rembourser sa dette. Et c’est exactement ce qui s’est produit lors du premier et du deuxième plan de sauvetage. La Grèce s’efforce de ne pas trébucher une nouvelle fois. Mais sous sa forme actuelle, je doute que ce nouveau programme d’aide fonctionne. La meilleure solution pour la Grèce est d’obtenir un allongement de la période de remboursement ou une restructuration de sa dette à long terme, avant de se lancer dans un troisième plan de sauvetage.”

Daleen Hassan, Euronews :
“C’est tout pour aujourd’hui. Mais pour prolonger le débat, n’hésitez pas à poster vos commentaires sur nos pages des réseaux sociaux, avec le hastag : #Businessmiddleeast. Merci de nous avoir suivis et à la semaine prochaine.”