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Doublement du canal de Suez : le tremplin pour une reprise économique ?

Le projet d’extension du canal de Suez est un chantier colossal qui illustre les ambitions économiques de l’Egypte, mais aussi les problèmes de

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Doublement du canal de Suez : le tremplin pour une reprise économique ?

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Le projet d’extension du canal de Suez est un chantier colossal qui illustre les ambitions économiques de l’Egypte, mais aussi les problèmes de sécurité du pays.

L’Egypte peine en effet à se relever économiquement, affaiblie par les troubles politiques et sécuritaires qui la secouent depuis la révolte de 2011 et la chute d’Hosni Moubarak.

Connu pour être l’une des routes essentielles du commerce mondial, le canal de Suez est donc une source précieuse de devises. Son doublement est aussi le projet phare du mandat du Président Abdel Fattah Al-Sissi et une fierté nationale pour de nombreux Égyptiens.

“C‘était un devoir nationaliste pour nous tous. Tout le monde était prêt à donner son argent, son temps et tous ses biens pour l’Egypte. Un projet comme celui-ci devait être réalisé avec notre propre argent, pas avec celui d’autres pays ou de la Banque mondiale”, dit un homme.

Le nouveau canal a en effet été financé à 80 % par la population égyptienne. Au total, près de 7,5 milliards d’euros ont été récoltés pour la réalisation des travaux de doublement de l’artère ouverte en 1869.

En 1956, le président Gamal Abdel Nasser nationalise le canal jusque-là géré par la Grande-Bretagne et la France. Ce coup de force déclencha la “crise de Suez”, marquée par l’invasion d’une partie de l’Egypte par des troupes britanniques et israéliennes.

Une fois nationalisé, cette voie navigable de 192 km reliant la mer Méditerranée et la mer rouge, devient le poumon économique de l’Egypte.

Avec la construction d’une seconde voie de passage dans le canal, le Caire espère doubler la capacité de transport de ce dernier et limiter l’attente des cargos. D’ici 2023, quelque 97 navires pourraient emprunter le canal quotidiennement, contre 49 actuellement. Quant aux revenus, ils devraient plus que doubler.

Le président égyptien avait donné un an pour réaliser ce projet. Le pari a été tenu. Et fort de ces estimations, Abdel Fattah Al-Sissi veut croire à une reprise de l‘économie. Elle est indispensable pour le pays dont le secteur jusque-là le plus rentable, à savoir le tourisme, s’est effondré.

Reste que la stagnation du transport maritime mondial depuis 2008 pourrait limiter les résultats escomptés.