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Hausse des taux directeurs : il est urgent d'attendre

Cette semaine dans Business Middle East nous nous intéressons aux taux d’intérêts aux États-Unis et au Royaume-Uni. Nous verrons aussi ce que

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Hausse des taux directeurs : il est urgent d'attendre

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Cette semaine dans Business Middle East nous nous intéressons aux taux d’intérêts aux États-Unis et au Royaume-Uni. Nous verrons aussi ce que l‘Égypte peut attendre du tout nouveau canal de Suez.

Depuis la fin de l’année dernière, la Réserve fédérale américaine a répété à plusieurs reprises son intention de relever ses taux d’intérêt sans pour autant annoncer une date spécifique.

De l’autre côté de l’Atlantique, même son de cloche à la Banque d’Angleterre. Son gouverneur Mark Carney semble œuvrer de concert avec son homologue américaine Janet Yellen.

Pourtant, la plupart des économistes s’attendent à une hausse. Washington ou Londres : qui sera le premier à relever ses taux d’intérêt ? Qui est le mieux placé pour le faire ?

Taux d’intérêt : il est urgent d’attendre

L’intégralité des neuf membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a voté pour le statu quo lors des deux dernières réunions, alors que deux d’entre eux se prononçaient en faveur d’une hausse l’an dernier. Le taux est donc maintenu à 0,5%. Un niveau qui n’a pas bougé depuis 2009 et qui est le plus bas de son histoire.

Même son de cloche aux États-Unis où la Fed laisse ses taux directeurs inchangés. Pour la patronne de la Réserve fédérale Janet Yellen, tout dépendra de la conjoncture et des statistiques.

Or pour le moment les signaux restent encore mitigés. Si la Fed estime que l’économie américaine est en train d’accélérer par rapport au trou d’air du premier trimestre, elle affirme avoir besoin de davantage de preuves tangibles de l’amélioration du marché de travail et de l’accélération de l’inflation avant de passer à l’action, peut-être, en septembre prochain.

L’analyse de notre expert

Pour en savoir plus, Nour Eldeen Al-Hammoury, responsable des stratégies Marchés chez ADS Securities, répond aux questions d’Euronews.

Daleen Hassan, Euronews – “Nour, la Banque d’Angleterre semble adopter la même attitude que la Fed quant à une éventuelle augmentation des taux directeurs. A votre avis, quelle institution sera la première à franchir le pas ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury – “Il est trop tôt pour parler d’un relèvement des taux pour chacune des banques. L’an dernier la Fed a promis au monde entier qu’elle augmenterait ses taux. Elle a annoncé que ce serait pour le mois de mars puis elle a repoussé à juin et maintenant septembre. Dans l‘état actuel des choses cela pourrait être encore repoussé en décembre ou même à l’an prochain”.

“La Banque d’Angleterre, quant à elle, fait preuve de plus de transparence et de clarté. Pour augmenter les taux directeurs, le facteur-clé est l’inflation. Or, elle est à un niveau faible et elle risque probablement d’y rester du fait de la chute des prix du pétrole”.

“Je dirais que la Banque d’Angleterre est susceptible d’augmenter son taux directeur avant la Fed. Reste à savoir si cela se fera en conséquence d’une hausse de l’inflation”.

Daleen Hassan, Euronews – “La semaine dernière, nous évoquions une livre sterling qui reste forte. Pensez-vous que les marchés consolident la livre sterling en prévision d’une éventuelle hausse des taux directeurs ? Comme cela s’est passé pour le dollar ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury – “Non, pas pour le moment. La livre sterling est stable depuis trois semaines. Elle a peu varié, entre 1,53$ et 1,57$. Cette stabilité montre la solidité de la livre, contrairement à d’autres devises comme l’euro qui a encore chuté face au dollar”.

“Cela étant dit, la Banque d’Angleterre a déclaré qu’une hausse de son taux directeur dépendra des statistiques à venir. Les données macro-économiques attendues à court-terme auront donc un impact notable sur les marchés et la livre sterling. Un impact plus important qu’avant, d’autant plus que des données positives pourraient mener les investisseurs à consolider la livre dans l’optique d’une hausse des taux. C’est ce qui s’est passé avec le dollar cette année”.

Business Snapshot : le nouveau canal de Suez

C’est en grande pompe que l‘Égypte vient d’inaugurer son nouveau canal de Suez. Une attente plus courte, une circulation à double sens : les transporteurs maritimes se réjouissent. Ils pourront franchir le canal en seulement 11 heures au lieu de 18 grâce à cette nouvelle voie de 35 kilomètres construite en un temps record.

Les autorités égyptiennes misent sur un doublement du trafic d’ici à 2023. Au lieu de 49 bateaux aujourd’hui, le canal pourrait permettre le passage de 97 bateaux par jour. En conséquence, l‘État espère accroître les revenus qu’il tire des droits de passage de 4,7 milliards d’euros aujourd’hui à 11,7 milliards d’euros en 2023. Au global, ce projet pharaonique créerait un million d’emplois.

Mais pour de nombreux spécialistes, ces prévisions sont improbables. Tout simplement parce que le commerce mondial n’augmente pas suffisamment. Le Caire a dépensé 7,3 milliards d’euros pour ce projet. Un investissement colossal et risqué quand on sait qu’un Égyptien sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.

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