DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Quinze ans après le naufrage du Koursk

Vous lisez:

Quinze ans après le naufrage du Koursk

Taille du texte Aa Aa

Il y a quinze ans, le 12 août 2000, le sous-marin nucléaire Koursk, fierté de la marine russe, coule dans la mer de Barents. Cet accident coûte la vie à 118 marins.

Le drame se produit durant des exercices de la Flotte du Nord. Selon la version officielle, l’explosion d’une des torpille à l’avant du Koursk est l‘élément déclencheur. Cette déflagration entraîne une seconde explosion, bien plus importante. L’eau s’engouffre alors dans les compartiments du sous-marin, le rendant immanoeuvrable. Il repose alors sur le fond marin à une profondeur de 108 mètres, avec à bord des membres de l‘équipage prisonniers et toujours en vie.

A la surface, l’opération de sauvetage tourne progressivement au fiasco malgré les tentatives du gouvernement russe. Les représentants de la marine affirment tout d’abord que le bâtiment est joignable par liaison radio. Puis ils annoncent que le contact entre l‘équipage et les plongeurs est établi et qu’il n’y a pas de danger pour la vie des sous-mariniers.

Cependant, le Kremlin, dont Vladimir Poutine est président depuis cinq mois, refuse les propositions d’assistances étrangères. Les secours russes ne réussissent pas à ouvrir la coque du sous-marin pour atteindre les survivants. Cet échec s’explique, selon la marine russe, par de forts courants, une mauvaise visibilité et l’inclinaison du Koursk.

Reportage de France 2 diffusé 16 août 2000


Ce n’est que deux semaines plus tard, le 21 août, que des plongeurs norvégiens parviennent à ouvrir la coque de Koursk. Ils constatent alors que tous les hommes d’équipage ont péri.

L’opération de renflouage se termine plus d’un an après la catastrophe, le 8 octobre 2001. Elle permet l’identification du corps ou des fragments de corps de 115 des 118 marins.

L'explication officielle contestée

Les circonstances opaques de la tragédie du Koursk ont provoqué de nombreuses polémiques et des versions divergentes de la thèse officielle.

La plus connue est sans doute celle évoquant la présence à proximité des manœuvres russes de deux sous-marin américains, le Memphis et le Toledo. Le journaliste français Jean-Michel Carré revient sur cette hypothèse dans son documentaire Koursk. Un sous-marin en eaux troubles datant de 2004. Selon le journaliste, ces deux sous-marins américains ont été chargés d’intimider les forces navales russes. Ces dernières, durant leur démonstration de force, doivent présenter aux invités présents – dont des Chinois – une torpille révolutionnaire capable d’atteindre 500km/h sous l’eau, plus de 7 fois la vitesse des torpilles classiques. S’en suit une collision accidentelle entre le Koursk et le Toledo. Le Memphis envoie alors une torpille sur le Koursk pour protéger la fuite du Toledo. Pour Jean-Michel Carré, C’est cette attaque qui fait exploser le stock de torpilles à bord du Koursk.

Un élément s’ajoute au mystère : invité chez Larry King pour une interview sur CNN, le président Poutine, lorsqu’on lui demande des précisions sur le naufrage, répond de manière laconique que le sous-marin a “coulé”. L’image restera dans les annales même si Poutine, poussé par King, donnera par la suite quelques détails vagues.

En ce 15ème anniversaire, la Russie commémore la tragédie du Koursk. Les drapeaux étaient en berne sur les navires de guerre et plusieurs cérémonies ont été organisées à la mémoire de l‘équipage.

A l’époque, 72% des Russes accusaient le pouvoir et pensaient que les secours n’avaient pas fait le nécessaire pour sauver les marins. Ils ne sont aujourd’hui que 23% selon un sondage publié le 12 août 2015 par le centre Levada, l’institut russe de sociologie.