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Tchouri : rendez-vous plein de sensations avec le soleil


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Tchouri : rendez-vous plein de sensations avec le soleil

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Cette nuit, Tchouri avait un rendez-vous à ne pas manquer avec le Soleil : comme une fois tous les six ans et demi, la comète est passée au plus près de son étoile, et Rosetta était aux premières loges.

A 2h03 GMT, 4h03 heure de Paris, la comète a atteint son périhélie, c’est-à-dire le point sur son orbite le plus proche du Soleil, à 186 millions de km. Un passage symbolique à plus de 265 millions de kilomètres de la Terre, entre les orbites de Mars et de notre planète, et suivi de près par la sonde européenne, qui accompagne l’objet céleste depuis août 2014. Quant au robot Philae, installé sur la comète depuis neuf mois, et en sommeil depuis le 9 juillet, il était suffisamment à l’ombre pour ne pas avoir trop chaud.

Si la rencontre est d’importance, c’est parce que le surcroît d’activité que cette proximité génère sur le corps inerte de Tchouri pourrait permettre aux scientifiques de détecter des molécules jamais repérées jusqu’à présent, comme des molécules organiques prébiotiques, c’est-à-dire entrant dans la composition des briques élémentaires de la vie. En approchant du soleil, l’activité de la comète, constituée de glace, de minéraux et de particules organiques, s’est progressivement intensifiée. De son noyau s‘échappent des jets de gaz et de poussières de plus en plus intenses. La chaleur vaporise en effet les glaces d’eau et de dioxyde de carbone, ce qui rejette loin du noyau des poussières de la surface, voire des couches internes de la comète.

Rosetta a bien fait son travail : selon des images prises par la caméra de navigation NavCam de la sonde, la comète s’est montrée “bien active” cette nuit, a en effet indiqué Sylvain Lodiot, responsable des opérations de Rosetta à l’ESOC (Centre européen d’opérations spatiales) en Allemagne. “Il y a des jets de gaz et de poussières un peu de partout”, a-t-il dit. “Comme il y a un effet retard, le maximum d’activité de la comète aura lieu probablement un peu après le passage au périhélie”, a déclaré Jean-Yves Le Gall, président du CNES, l’agence spatiale française. “Rosetta est aux aguets. Nous recevons des données extraordinaires. La moisson continue”, a-t-il ajouté. Les résultats seront publiés dans les jours, dans les semaines et dans les mois qui viennent. “Il y aura encore dans dix ans des publications sur les résultats scientifiques de Rosetta et de Philae”, a considéré M. Le Gall.

A lire aussi : La comète Tchouri, un concentré glacé de germes de vie

Il y a deux jours, l’Agence européenne avait pu mettre en ligne un cliché spectaculaire pris le 29 juillet montrant un jet très brillant (plus que la comète elle-même), très fin et bref. Le flux de poussière a été multiplié par dix, atteignant les 30 grains par seconde récoltés sur un détecteur montrant un jet très brillant (plus que la comète elle-même), très fin et bref. Le flux de poussière a été multiplié par dix, atteignant les 30 grains par seconde récoltés sur un détecteur

L’aventure de Rosetta, qui voyage depuis plus de onze ans dans l’espace, devrait se terminer en septembre 2016. A cette date, l’ESA a prévu de la faire se “poser” le moins rudement possible sur Tchouri où elle retrouvera Philae qui sera alors endormi depuis longtemps.

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