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L'enjeu du scrutin au Sri Lanka : tourner la page Rajapakse


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L'enjeu du scrutin au Sri Lanka : tourner la page Rajapakse

C’est le retour potentiel de Mahinda Rajapakse sur la scène politique qui est le réel enjeu et inconnu du scrutin. Mahinda Rajapakse, battu lors des élections présidentielles de janvier 2015, tente un retour aux affaires, en devenant Premier ministre.

Il a en effet regné sur le pays sans partage pendant dix ans. En 2004, il succède à Chandrika Kumaratunga. L’homme, au sourire carnassier, veut aujourd’hui prendre sa revanche, sept mois après avoir échoué à se faire élire pour un troisième mandat.

Et pour cela, il compte bien capitaliser encore une fois sur sa plus grande réussite : la défaite infligée aux Tigres tamouls en 2009, mettant fin à 26 ans d’une guerre civile qui a fait 70 000 morts et 140 000 disparus. Les tamouls, de religion hindoue, réclamaient la création d’un état indépendant. La majorité cinghalaise, bouddhiste, leur a toujours reproché d’avoir été privilégiés par les colons anglais.

En 2009, après plusieurs tentatives de paix, les forces sri lankaises lancent un ultime assaut sur la dernière ville aux mains des rebelles. Les Tigres tamouls sont alors retranchés sur un territoire de treize kilomètres carrés, encerclés par l’armée. Le 16 mai, ils finissent par rendre les armes.

“Je m’adresse à vous en ce moment historique, où notre pays se débarrasse du terrorisme, et répond aux espoirs qui animent depuis des décennies les Cingalais, les Tamouls, les musulmans, les Burghers et les Malais de ce pays” déclare alors Rajapakse devant le parlement, savourant sa victoire.

L‘île de l’océan Indien, située au sud de l’Inde, compte vingt millions d’habitants. Les trois quarts de la population sont cinghalais, et bouddhistes. Les tamouls hindouistes représentent 15% de la population, et vivent dans le Nord et l’Est.

Malgré une réconciliation fragile, la fin de la guerre a permis à l’ancien président d’acquérir une popularité toujours vivace chez les cingalais. Mais les atteintes aux droits de l’Homme, et surtout la corruption, et un penchant pour l’autoritarisme ont finalement raison de lui. Dès 2010, des manifestations réclamant sa démission éclatent dans le pays.

C’est dans ce contexte qu’arrive au pouvoir Maithripala Sirisena, un homme sobre et d’origine modeste. Il promet de rééquilibrer le pouvoir et de lutter contre la corruption. Il est difficile de juger son bilan,
après seulement huit mois.

Les électeurs ont le choix entre revenir en arrière, ou bien donner sa chance au nouveau président pour garantir une majorité stable en reconduisant à la tête du gouvernement Ranil Wickremesinghe, son actuel Premier ministre, et tourner ainsi la page Rajapakse.

Les Sri Lankais attendent aujourd’hui surtout des emplois, et une bonne gouvernance. Parmi les dossiers à régler par le prochain gouvernement, il y a la restitution aux Tamouls des terres qui leur ont été confisquées par l’armée, et plus globalement la réconciliation entre Tamouls et Cinghalais.

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