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D'où vient la dette grecque ? La source européenne (2/3)

Depuis 2009, la dette en grecque inquiète toute l'Union européenne. L'attention s'est peu à peu détournée des premiers pays touchés au sein de la zone euro et ayant dû imposer l’austérité – Irlande, Espagne et Portugal – pour se focaliser sur la Grèce. Mais d'où vient cette dette ?

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D'où vient la dette grecque ? La source européenne (2/3)

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Depuis 2009, la dette grecque inquiète toute l’Union européenne. L’attention s’est peu à peu détournée des premiers pays touchés au sein de la zone euro et ayant dû imposer l’austérité – Irlande, Espagne et Portugal – pour se focaliser sur la Grèce. Mais d’où vient cette dette ?

La source européenne

Le carcan des traités d’avant crise (2008)

  • Le traité de Maastrich, signé en 1992, instaure plusieurs critères de coordination budgétaire pour l’Union Economique et Monétaire notamment sur le déficit budgétaire et l’endettement public toléré. Ainsi, le déficit est limité à 3% du PIB et l’endettement est plafonné à 60% du PIB.
  • Le traité de Maastrich interdit aux Etats membres d’emprunter auprès de leur banque centrale ou de la Banque Centrale Européenne (article 104) ; les Etats sont donc obligés de se financer auprès de banques privées. Celles-ci empruntent à la BCE à des taux très bas et prêtent à des taux parfois bien plus élevés aux différents Etats membres. Ces taux sont en général calculés à partir de la note des Etats établie par des agences privées de notation. Plus la note est basse, moins les créanciers ont confiance et plus le taux augmente, et donc les montants intérêts avec eux. Les Etats empruntent dans des banques partout en Europe.
  • Le traité de Lisbonne, signé en 2007, reprend cette disposition (article 123). Il interdit, par ailleurs, la solidarité entre Etats membres en cas de défaillance (article 135).

La crise de la dette en Europe expliquée (en anglais)

La faible politique économique commune

  • Avant la crise de 2008, il n’existe pas de politique économique commune dans la zone euro à proprement parler. La BCE n’est par exemple pas autorisée à dévaluer l’euro, mécanisme qui a pourtant longtemps permis aux Etats de s’adapter et réagir à l‘économie. Avec la crise, la zone euro a été forcée de revoir cette gouvernance économique. La BCE a alors, en 2010, été autorisée à racheter des titres de dette d’Etats
  • Il n’existe pas non plus de politique commune en termes de fiscalité, d’investissement public, ou de régulation des marchés financiers.
  • En 2012, le Mécanisme européen de stabilité (MES) est créé et remplace en partie des fonds (le FESF, Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière, MESF) qui avaient été lancés en urgence lors de la crise de 2008. Le MES peut accorder des prêts aux Etats, ou permettre la recapitalisation des banques, à des taux plus bas que les marchés financiers. Il peut aussi acheter des obligations des Etats membres bénéficiaires. Par contre, il peut demander des contreparties comme des politiques d’austérité, comme cela a été le cas pour la Grèce en 2010.

> Lire le troisième volet : D’où vient la dette grecque ? L’accélérateur : la crise de 2008 (3/3)