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GB: Jeremy Corbyn, partisan de l'aile gauche, va-t-il bouleverser le paysage politique britannique ?


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GB: Jeremy Corbyn, partisan de l'aile gauche, va-t-il bouleverser le paysage politique britannique ?

Il est l’outsider qui pourrait porter un coup fatal à l’oppositon britannique. Jeremy Corbyn, député travailliste encore peu connu jusqu‘à ces dernières semaines, fait pourtant figure de favori pour prendre les rênes du Labour.

Il sera en lice face à Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall pour succéder à Ed Miliband, le leader travailliste ayant jeté l‘éponge après la victoire des conservateurs lors des législatives de mai dernier. Jeremy Corbyn, âgé de 66 ans, a été élu pour la première fois à la Chambre des Communes dans la circonscription d’Islington North, dans le secteur de Londres, en 1983, pendant que ses principaux rivaux politiques d’aujourd’hui se trouvaient encore sur les bancs de l‘école. Son ascension pour faire désormais figure de favori relève du coup de maître : il a réussi une percée de justesse, après avoir réuni à l’arrachée les 35 signatures nécessaires de ses homologues travaillistes.

Quel sont les positions politiques de Jeremy Corbyn ?

Jeremy Corbyn est, des quatre candidats, celui à se situer le plus à gauche, et de loin, sur l‘échiquier politique. Le député travailliste s’est dit prêt à refaire de la nationalisation des multinationales la clé de voûte de l’idéologie du Labour.
Dans une interview accordée au quotidien The Independent, il affirme qu’il pourrait reconsidérer la “propriété commune des moyens de production, d‘échange et de distribution”.
Tony Blair, qui a remporté à trois reprises les élections, a tiré un trait sur cette politique depuis 1995 pour amorcer un tournant libéral, seul à même de replacer le Labour dans une position éligible, pour de nombreux observateurs.
Jeremy Corbyn plaide aussi en faveur d’un retour aux sources socialistes du parti de centre gauche, et pour le retour des secteurs ferroviaire et de l‘énergie entre les mains de la puissance publique.

Quelle sera l’influence de sa candidature sur le parti ?

Certains craignent que le virage à gauche de Jeremy Corbyn ne fasse voler le parti en éclats. Certains ténors du Labour, à l’instar d’Alastair Campbell, le conseiller en communication de Tony Blair, estiment que ce positionnement mènerait le parti tout droit vers une défaite électorale. Mais les militants et les syndicats, qui apportent leur soutien au candidat controversé, affirment au contraire que ce sont les piliers socio-libéraux du Labour qui ont trahi leur formation politique, en reprenant à leur compte le programme des Conservateurs lors du dernier scrutin.

Qu’en pensent les Conservateurs actuellement au pouvoir ?

Les Conservateurs, malgré leur victoire lors des législatives du mois de mai, se délectent de l’agitation provoquée par Corbyn.
Les Libéraux, comme d’autres personnalités de droite, savourent le spectacle et se réjouissent à l’idée que le Labour puisse imploser.
Le Daily Telegraph a même encouragé ses lecteurs à prendre leur carte au Labour afin de voter pour Corbyn et de l’amener à la tête du parti, et qu’il joue ensuite le rôle du “vieux bolchévique”, et s’assurer ainsi d’un revers électoral.
Prendre sa carte au Labour ne coûte que trois livres sterling, et la date limite d’inscription avait été fixée au 12 août.

Qui sont les autres candidats en lice?

Andy Burnham, ancien secrétaire d’Etat à la santé, était au départ “le” favori pour succéder à Ed Miliband. Originaire de Liverpool, âgé de 45 ans, il fait partie de la mouvance qui prône la modernisation du parti, dans la lignée de Tony Blair. Il est arrivé en quatrième position lors de la primaire du parti en 2010.
Yvette Cooper, 46 ans, est l‘épouse de l’ancien député travailliste, Ed Balls. Elle est considérée comme une candidate socio-libérale qui ne s’est pas vraiment affiliée à l’un des courants du parti.

Liz Kendall marche dans les pas de Tony Blair et bénéficie du soutien de son ancien rival Chuka Umunna, qui s’est retiré prématurément de la course.
Tony Blair, Premier ministre de 1997 à 2007, a enjoint le Labour à faire barrage à Corbyn et à élire un candidat libéral, condition sine qua non pour revenir au pouvoir en 2020 selon lui.

Quelle sera la suite des événements ?

Les militants ont jusqu’au 10 septembre pour voter, les résultats seront annoncés deux jours plus tard.
Ils doivent donner un premier et un second choix. Si un candidat obtient plus de la moitié des voix, il remporte la primaire. Dans le cas contraire, le candidat qui aura remporté le mois de voix sera éliminé. Et ses adversaires seront crédités des voix mentionnées comme un second choix. Le processus se poursuivra jusqu‘à ce que l’un d’entre eux obtienne la majorité des voix.

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  • Jeremy Corbyn

    La primaire du Labour de 2015

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  • Jeremy Corbyn

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  • L’ensemble des candidats

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  • Andy Burnham

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  • Yvette Cooper

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  • Liz Kendall

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  • Jeremy Corbyn

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