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Automobile : les constructeurs européens lorgnent l'Iran

Après le pétrole, l’automobile est la deuxième industrie en Iran, avec plus d’un million de salariés directs ou indirects. L’Iran était l’un des

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Automobile : les constructeurs européens lorgnent l'Iran

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Après le pétrole, l’automobile est la deuxième industrie en Iran, avec plus d’un million de salariés directs ou indirects.

L’Iran était l’un des douze principaux constructeurs automobiles au monde, mais très vite, avec les sanctions, la qualité des produits a chuté et la pénurie de pièces détachées a commencé à se faire sentir.

Avec la levée prochaine des sanctions, on s’attend à une hausse des ventes qui devraient dépasser le million de véhicules neufs par an à partir de 2017, pour dépasser les deux millions à partir de 2020.

“Il n’y aura pas d’effet immédiat. Je sais qu’Iran Khodro et Peugeot mènent des négociations constructives et d’autres usines iraniennes avec Renault. Cependant, nous ne pouvons qu’importer des nouveaux produits de ces compagnies. Aucune des deux ne va faire de nouveaux investissements en Iran”, souligne l‘économiste Saeed Leilaz.

L’accord sur le nucléaire à peine signé, des délégations européennes se sont précipitées à Téhéran. Peugeot pourrait bien payer pour la position trop intransigeante de la France dans les négociations nucléaires, aux dépens d’un autre partenaire : l’Allemagne.

“Comme vous le savez, nous coopérons avec Renault, Peugeot et Suzuki, mais j’ai déjà dit qu’en plus de ces entreprises, nous allons choisir un pays européen puissant, autre que la France, comme quatrième partenaire”, indique Hashem Yekke Zare, le PDG d’Iran Khodro, faisant allusion à l’Allemagne.

Avec les sanctions, la demande en véhicules neufs a chuté, mais l’annonce de l’accord de Vienne en juillet ne l’a pas fait remonter les ventes, bien au contraire. Les Iraniens attendent désormais la baisse des prix qui devrait accompagner la levée des sanctions, qui devraient débuter au printemps 2016.

“Cette tendance a commencé après la chute de la demande, qu’elle a accompagné plutôt que provoqué. Mais je crois que le point le plus important à prendre en compte dans les conditions actuelles est que les principaux acheteurs de voitures n’ont pas envie d’acheter”, précise le journaliste automobile Arash Rahbar.

L’Iran ambitionne de produire trois millions de véhicules par an à l’horizon 2021. Pour atteindre ce but, Téhéran aura certainement besoin de la coopération des grands industriels automobiles mondiaux.

“Malgré les défis, on dirait qu’avec la levée des sanctions, le soutien de Rohani et le partenariat avec de grands constructeurs mondiaux, l’industrie automobile iranienne va reprendre le chemin de la croissance pour devenir un producteur important dans la région, mais aussi un marché énorme pour les constructeurs étrangers”, prévoit Javad Montazeri, notre correspondant à Téhéran.