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Elizabeth II ou le règne le plus long de la monarchie britannique


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Elizabeth II ou le règne le plus long de la monarchie britannique

Le 2 juin 1953, le 3 en Australie, Elizabeth Alexandra Mary est couronnée dans l’abbaye de Wesminster et devient officiellement Elizabeth II, reine de sept Etats indépendants du Commonwealth : le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, le Pakistan et le Sri Lanka.

Son père Georges VI est mort en février de l’année précédente, elle a 27 ans lorsqu’elle monte sur le trône.

Elizabeth est la fille de Georges VI, devenu roi après l’abdication de son frère Edouard VIII. Elle a une jeune soeur, Margareth. Elle est l’arrière-arrière-petite-fille de la reine impératrice Victoria, et c’est la longévité du règne de celle que l’on surnomme “la grand-mère de l’Europe” qu’elle vient de détrôner.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle et sa soeur ne quittent pas la Grande-Bretagne, ainsi en décide sa mère.

La princesse s’engage vers ses 16 ans, puis devient sous-lieutenant en février 1945, elle reçoit un entraînement en conduite et en mécanique et devient lieutenant-colonel honoraire cinq mois plus tard et conduit des ambulances à la fin de la guerre.

En 1947, lors de son premier voyage à l‘étranger, le jour de ses 21 ans, elle fait cette promesse :

Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu’elle doive être longue ou brève, à votre service et au service de la grande famille impériale dont nous faisons tous partie.”

Elle se fiance le 9 juillet de la même année avec le Prince Philippe de Grèce et de Danemark, et se marie en novembre à l’abbaye de Westminster.

Elizabeth donne naissance à quatre enfants, Charles en 1948, toujours destiné à lui succéder, Anne en 1950 puis Andrew 10 ans plus tard et Edouard en 1964.

C’est le mariage de Charles avec Lady Diana Spencer qui va définitivement occulter le rôle de la reine et changer le visage de la famille royale, par le charisme de celle qui deviendra la princesse Diana.

Puis les frasques du couple, les divorces d’Andrew et d’Anne, et l’incendie du château de Windsor poussent la reine à prononcer ce discours pour les 40 ans de son règne :

1992 n’est pas une année sur laquelle je me retournerai avec plaisir. Pour reprendre les mots d’un de mes sympathiques secrétaires, c‘était une annus horribilis“.

Cinq ans après cette année terrible et la séparation de Charles et Diana, le drame se produit. A 36 ans, la mère de William et Harry se tue dans un accident de voiture à Paris.

Face à l’onde de choc et malgré les relations tendues que la Reine entretenait avec elle, Elizabeth doit montrer empathie et chagrin. L’hostilité des Britanniques à son égard faiblit.

En 63 ans, 7 mois et 2 jours de règne, Elizabeth II a reçu 107 grands de ce monde, honoré 97 visites d’Etat, effectué 173 déplacements dans les pays du Commonwealth et adoubé 12 Premiers ministres, de Winston Churchill à David Cameron.

Une vie de monarque plus que bien remplie qui lui vaut aujourd’hui d‘être qualifiée de “Greatest Queen” par 27 % des Britanniques, loin devant Victoria.

Avec le récent mariage de son petit-fils William, et la naissance de Georges et de Charlotte, la relève de la famille royale britannique est plus qu’assurée.

Mais la Reine Elizabeth II restera un symbole de continuité, “un pont entre les traditions ancestrales britanniques, le monde de l’après-guerre et le vingt et unième siècle”.

Entretien avec Ingrid Seward

Biographe royale, Ingrid Seward est l’auteure du nouveau livre “Le discours de la Reine”. Alasdair Stanford, journaliste britannique de la rédaction d’euronews s’est entretenu avec elle.

A.S. : “Les gens ont une certaine idée de l‘ère Victorienne et de la reine, puissant symbole de cette époque. Comment la Reine actuelle a-t-elle marqué l‘ère élisabéthaine moderne, qu’en diriez-vous?”

I.S. : “La Reine actuelle est un symbole d’unité, elle n’a jamais fait part de ses opinions politiques, elle n’a jamais évoqué ses opinions personnelles, elle est au-dessus de la politique, c’est quelqu’un qui, dans ce monde rapidement changeant, a une influence stabilisatrice.”

A.S. : “Dans le monde, la monarchie britannique se démarque, elle fait l’objet d’une attention particulière, de respect parmi de nombreuses personnes. Pourquoi ? Et à quel point cela est-il dû à la reine ?

I. S. :“Et bien, je pense que c’est en partie dû au fait que la reine dirige le pays depuis 63 ans, qu’elle a vu passer une douzaine de Premiers ministres, qu’elle a vu passer des guerres, des turbulences, elle a tout vu, elle a rencontré des dictateurs, elle a rencontré des gens merveilleux aussi, elle a rencontré tout le monde. C’est cette femme à elle seule qui représente toute la Grande-Bretagne.”

A.S. :“Et vous dites qu’elle a toujours fait passer son devoir avant elle, de quelle manière ?”

I.S. :“Quand elle a accédé au trône, elle avait deux jeunes enfants et elle ne pouvait que rarement les voir. Elle a littéralement été éduquée pour reprendre le trône à ce jeune âge. Nous savions que le roi était malade, mais nous ne savions pas que le roi allait mourir, et en succédant à son père, cela signifiait qu’elle ne pouvait plus être mère, elle était une monarque.”

A.S. :“En terme de popularité, il y a eu bien sûr, un désamour à l‘époque de la mort de la princesse Diana. Mais qu’en est-il des moments forts ? Quels sont ceux qui vous viennent à l’esprit ?”

I.S. : “A la fin de l’année où Diana est morte, en 1997, la reine a célébré ses noces d’or et elle a soudainement réalisé que les gens l’aimait encore. Elle est très humble, elle pensait vraiment que la monarchie était au plus bas. Je pense que ça c‘était un moment fort parce que c’est arrivé à un moment de faiblesse. Et puis, il y a évidemment son jubilé de diamant, elle a été extrêmement touchée par la chaleur et l’affection que ses sujets lui ont témoignée.”

A.S. : “Il y a eu beaucoup de scandales royaux, mais la reine elle-même n’a pratiquement fait aucun faux pas, comment est-ce possible ?”

I.S. : “Je pense que la reine n’a jamais fait de faux pas parce qu’elle est extrêmement prudente, elle fait attention à ce qu’elle dit, à ce qu’elle fait…
En privé, elle est différente, la reine est extrêmement drôle, c’est une femme très humble, une chrétienne dévouée, mais elle est vraiment marrante, elle a un sens de l’humour merveilleusement acerbe et c’est aussi une excellente imitatrice, un talent qu’elle permet maintenant à certains d’entre nous d’entrevoir… Je pense qu’elle a toujours été celle qui fait rire sa famille, elle a une personnalité très gaie … Elle regarde le bon côté des choses, plutôt que le côté sombre de la vie”.

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