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Jean-Claude Juncker propose de répartir 160 000 réfugiés au total


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Jean-Claude Juncker propose de répartir 160 000 réfugiés au total

C’est l‘événement de l’année en matière de politique européenne. Jean-Claude Juncker a prononcé son premier discours sur l‘état de l’Union devant le Parlement européen.
Cet exercice politique, réalisé la première fois en 2010, qui se révèle de plus en plus important dans le calendrier de l’Union. Cette année l’allocution du président de la Commission européenne était particulièrement attendue puisque les 28 font face à différentes crises et en particulier celle des migrants.
Le président de la Commission demande ainsi aux Européens de faire preuve de plus d’humanité et de plus d’union pour répondre à la crise des réfugiés. Jean-Claude Juncker propose pour cela d’accueillir 120 000 demandeurs d’asile supplémentaires. Un chiffre qui s’ajoute aux 40 000 relocalisations proposées en mai dernier.
Cette fois-ci le président de la Commission espère que les négociations seront moins laborieuses car l’heure est à l’action. Il souhaite que tous les pays membres fassent un effort.

Répartition des réfugiés demandées aux Etats membre
 
 
Quelles sera la part de votre pays dans la relocalisation des 120 000 réfugiés ?
 

Après les propositions il va falloir convaincre les États membres d’accepter ce mécanisme obligatoire de relocalisation. Mais les discussions s’annoncent déjà très difficile. Les partis eurosceptiques et anti-immigration n’ont cessé de progresser dans les sondages ou dans les urnes dans de nombreux pays.
Un premier élément de réponse est attendu dès lundi. Le plan de la Commission sera présenté lors de la réunion des 28 ministres de l’Intérieur.

A l’issue de ce discours Euronews a interrogé Sophia in’t Veld, vice-présidente du groupe libéral au Parlement européen.

Euronews : « Que pensez-vous de la proposition de Jean-Claude Juncker de répartir entre les États membres 160 000 demandeurs d’asile. Est-ce assez ambitieux? »

Sophia in’t Veld :« Je pense que c’est ambitieux, est-ce que cela sera suffisant, ça reste à voir parce que nous ne savons pas combien d’autres personnes veulent rejoindre l’Europe. Mais c’est un pas dans la bonne direction. Ce qu’il faut maintenant c’est le soutien des gouvernements qui ont été aux abonnés absent jusqu‘à maintenant. Cela m’a choqué de voir les dirigeants européens refuser d’organiser un sommet extraordinaire. »

Euronews : « Est-ce que l’on peut garantir la sécurité des citoyens européens exposés à ces flux de migrants? »

Sophia in’t Veld : « Bien sur. Il y a probablement des criminels, des personnes mal intentionnées et des éventuels terroristes parmi les réfugiés. Mais vous savez quoi ? Nous en avons aussi en Europe. N’oublions pas que le même week-end quand les Allemands applaudissaient l’arrivée de migrants à la gare de Munich par exemple, il y avait aussi des néo-nazis qui brûlaient des centres d’accueil pour les demandeurs d’asile. Il y a toujours des menaces pour une société. »

Euronews : « On parle de nouvelles propositions pour un système de migration légale. Qu’est-ce que vous attendez de la Commission? »

Sophia in’t Veld : « Il y a beaucoup de demandeurs d’asile de pays, comme les Balkans occidentaux mais aussi certains pays africains, qui ne fuient pas une guerre mais ils veulent venir ici et travailler, ce qui est tout à fait légitime. Mais ils n’ont pas de vraies routes légales à leur disposition. Dès lors créons ces canaux pour ne pas bloquer le système d’asile et donner ainsi de l’aide à ceux qui en ont besoin. Mais nous pouvons aussi donner aux personnes qui veulent venir ici travailler et participer à notre société les moyens de le faire. »

Euronews : « Que manquait-il selon vous dans ce discours? »

Sophia in’t Veld : « Je pense que ce qui manquait ce n‘était pas dans le discours de Jean-Claude Juncker. Ce qui manquait c‘était la présence des États membres représentés par Donald Tusk, le président du Conseil européen. Parce que ce sont les États membres qui ont mis en place le système d’asile commun. Ce qui manque c’est le courage et leadership des dirigeants nationaux. Et le fait que nous n’ayons toujours pas aujourd’hui une véritable politique d’asile et des réfugiés c’est le résultat de dix années de sentiment anti-Europe et anti-immigration.Ce n’est pas un accident si ce petit garçon a été retrouvé sur une plage en Turquie. Ce n’est pas un accident c’est le résultat de choix politiques. »

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