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Crise migratoire : les limites du règlement Dublin III

Si les réfugiés fuient la police pour ne pas se faire enregistrer, ils veulent surtout éviter à tout prix de passer par des centres comme celui de

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Crise migratoire : les limites du règlement Dublin III

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Si les réfugiés fuient la police pour ne pas se faire enregistrer, ils veulent surtout éviter à tout prix de passer par des centres comme celui de Roske, près de la frontière serbe, sur la route des Balkans. Là où des centaines de personnes sont déjà parquées dans une zone d’accueil.

Pour Mark Kekesi, bénévole de l’ONG Migrants Solidarity, “Les réfugiés ont peur qu’on relève leurs empreintes digitales en Hongrie, car ils sont bien conscients qu’une fois leurs empreintes enregistrées, donc légalement, cela donnera l’opportunité à tous les pays européens de les renvoyer en Hongrie”.

Le règlement de Dublin établit en effet que c’est un État et un seul parmi les signataires de cette convention qui est responsable d’une demande d’asile. L’objectif est d‘éviter les abus et qu’une même personne fasse plusieurs demandes d’asile.

C’est donc l‘État où le demandeur d’asile est enregistré qui va décider du sort de ce dernier, excepté pour les mineurs ou les cas de regroupement familial.

Eurodac est une base de données biométriques qui répertorie les empreintes digitales de tous les demandeurs d’asile et immigrés illégaux. Elle permet ainsi une collaboration entre tous les États membres de l’Union européenne plus l’Islande, la Norvège, le Lichtenstein et la Suisse.

Or, avec la crise migratoire, ce principe du pays d’entrée exerce une pression énorme sur les pays aux frontières extérieures comme l’a souligné l’ eurodéputée bulgare Iliana Iotova. “Le règlement de Dublin n’est plus appliqué. Certains États membres aux frontières extérieures, ont cessé d’enregistrer les migrants, car ils n’ont plus les moyens nécessaires pour le faire”, a-t-elle dit.

De plus, selon l’expert Sergio Carrera, la procédure de Dublin ne garantit pas suffisamment le droit d’asile. “Imaginons qu’en Grèce une personne demande l’asile et que la Grèce décide que cette personne n’est pas un réfugié. Si la personne en question décide alors de se rendre en Allemagne, les autorités allemandes ne pourront pas étudier une nouvelle une fois cette demande d’asile et reconnaitront que la personne n’est pas un réfugié. Et c’est un problème”, explique-t-il.

Le règlement Dublin III a aussi provoqué des divisions entre les États membres dont certains ont déjà commencé à renvoyer des réfugiés vers leur pays d’entrée. Les conditions d’asile différentes et plus ou moins drastiques selon les pays ont également jeté sur les routes des centaines de migrants, comme au Danemark. Des réfugiés ont refusé d’y faire une demande d’asile préférant marcher jusqu’en Suède où la politique d’immigration est moins restrictive.