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L’Iran, une digue pour les migrants afghans en route vers l’Occident


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L’Iran, une digue pour les migrants afghans en route vers l’Occident

De nombreux jeunes afghans se pressent chaque jour aux portes de l’Europe. Quatorze ans après le renversement des Talibans par une intervention militaire internationale, l’insécurité, les attaques terroristes et la corruption systématique règnent dans ce pays, en guerre depuis plus de 30 ans. Une situation qui ne laisse que peu d’espoir à la nouvelle génération afghane.

Ceux qui prennent la longue route vers l’Europe voient se dresser, face à eux, une grande barrière : l’Iran. Les forces des Gardiens de la Révolution islamique positionnées sur les frontières avec la Turquie ne laissent pas passer les migrants vers l’Occident. « Les Gardiens ont arrêté mon fils Ahmad et son cousin à seulement quelques pas de la Turquie, » raconte Hadji Mohammad, ouvrier à Kaboul. « On les a renvoyés vers l’Afghanistan, mais, ils ne resteront pas ici. Ils retenteront leur chance bientôt, » ajoute Hadji Mohammad.

Une nouvelle politique migratoire en Iran ?

Alireza, citoyen afghan, a passé son baccalauréat en Iran mais n’a pas pu continuer ses études supérieures dans son pays d’accueil. Il a pris la route de l’Europe avant d’être arrêté à la frontière turque. « On m’a arrêté et un tribunal a annulé mon titre de séjour puis m’a renvoyé vers l’Afghanistan, » déclare Alireza à Euronews depuis son pays natal. « Ici, c’est mon pays, mais, il n’y pas de sécurité ni d’avenir pour moi. Il faut que je retourne en Iran et que je demande un autre permis de séjour… Il faut que je fasse mes études universitaires en Iran ou sinon que je tente à nouveau de partir vers l’Europe, » ajoute-t-il.

L’Iran a accueilli près de trois millions de migrants afghans depuis le déclenchement de la guerre civile au cours des années quatre-vingt. La plupart de ces réfugiés sont devenus des ouvriers non qualifiés sur les chantiers. L’acquisition de la nationalité iranienne est quasi impossible, même pour les Afghans qui partagent pourtant la même langue et une certaine proximité culturelle avec les Iraniens. De plus, une grande partie des migrants afghans, ayant quitté leur pays après l’avènement des Talibans, sont sans papiers en Iran, faisant de cette population une communauté marginalisée.

Cependant, il semblerait que la République islamique change de position vis-à-vis des migrants afghans. Ainsi, la radio-télévision nationale s’intéresse de plus en plus au sort de cette population. Les établissements scolaires sont désormais obligés d’accepter les élèves afghans sans papiers, sur ordre de l’ayatollah Khamenei, guide suprême de la république islamique.

Ces changements représentent des avancées certaines mais laissent sceptiques de nombreuses personnes. Un enseignant afghan de sociologie, diplômé de l’Université de Téhéran, considère par exemple que ces nouvelles dispositions ne sont qu’un nouveau jeu politique de l’Iran. « Avec la montée de Daech, l’Iran cherche à se trouver des alliés plus fiables. Nous, les Afghans, partageons la même langue et la même tradition culturelle. Nous habitons en Iran depuis longtemps. Nous faisons la guerre aux côtés des Iraniens en Syrie. Qui d’autres que nous le régime iranien pourrait-il choisir comme alliés ? », analyse ainsi ce jeune homme, qui après avoir enseigné en Afghanistan vit désormais en Iran sans pouvoir exercer sa profession.

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