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COP21 : l’histoire à vitesse irrégulière du changement climatique


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COP21 : l’histoire à vitesse irrégulière du changement climatique

La compréhension du changement climatique puis la prise de conscience de la gravité du problème ont 200 ans. L’histoire débute côté scientifique au XIXème siècle, puis s’accélère au niveau politique à partir des trois dernières décennies du XXème. Retour sur les moments clés de cette progression irrégulière.

L’effet de serre commence à être étudié dans les premières décennies de la révolution industrielle et ses premières fumées et vapeurs. Joseph Fourier, physicien français, est le premier à le théoriser en 1824. Au tournant du siècle, en 1896, un futur prix Nobel de chimie suèdois, Svante Arrhérnius, aborde la question dans l’interaction entre le CO2, l’activité humaine et le climat. L’idée que l’homme puisse être d’une influence sur le climat, positive ou négative, remonte donc à la fin du XIXème siècle.

Le temps s’écoule et loin de ces sphères scientifiques, les Trente Glorieuses (1945-1979) prospèrent : dans de nombreux pays, la croissance économique est au rendez-vous, le plein-emploi aussi et la démographie repart après la saignée de la Seconde Guerre mondiale. Les ressources semblent illimitées. En pleines Swinging Sixties insouciantes, deux scientifiques, Syukuro Manabe et Richard Wetherald, créent un modèle de d’augmentation des quantités de CO2 dans l’atmosphère et calculent qu’un doublement du CO2 équivaudrait à une augmentation de 2,3°C de la température globale.

Les grandes avancées de la fin du XXème siècle

Les choses s’accélèrent dans les années 1970 : les acteurs écologiques commencent véritablement à s’organiser. Certaines des grandes ONG écologiques voient le jour lors de cette décennie : Greenpeace, Friends of the Earth, EarthWatch sont toutes fondées en 1971. L’ONU aussi s’empare du problème : le Programme des Nations Unies pour l’environnement est lancé un an plus tard, en 1972. En 1979, alors que les deux chocs pétroliers sont passés par là, l’ONU organise la première conférence sur le climat et créé le Programme mondial sur le climat et le Programme mondial de recherche sur le climat.

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La couche d’ozone est la première urgence climatique à être discutée et médiatisée et la première à faire l’objet d’un traité mondial en 1985 – la Convention de Genève – puis du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d’ozone en 1987. Ce dernier est remplacé par son successeur, l’Accord de Montréal sur l’élimination de substances chimiques appauvrissant la couche d’ozone en 2007. Il s’agit du premier traité international sur l’environnement à atteindre la ratification universelle en 2009.
Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, est créé un an après le Protocole de Montréal en 1988.

Les années 1990 sont denses pour la lutte contre le climat. Elles voient l’Europe créer une agence pour l’environnement, la création de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et donc des réunions annuelles des parties de cette convention, les COP, dont la première se tient à Berlin en 1995.
Le Protocole de Kyoto, texte contraignant qui vise à réduire la concentration de gaz à effet de serre, est adopté lors de la COP3 à Kyoto en 1997. Il faut attendre 2005, soit huit ans, pour qu’un nombre suffisant de pays le ratifient et qu’il puisse entrer en vigueur. Or, son horizon est 2012. Dès son entrée en vigueur, il ne lui reste donc que sept ans de vie.

Des négociations difficiles

Dans les années 2000, les pays avancent en ordre dispersé, sous le couvert du Protocole de Kyoto étiré au-delà de sa durée de vie. Les plus gros pollueurs, Chine, Etats-Unis, Australie…, fournissant peu ou pas d’effort de réduction de leur émission de gaz à effet de serre. Sur la scène internationale, les COP se suivent et se ressemblent ; les parties n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un traité pouvant prendre la suite du protocole de Kyoto. Le fossé se creuse entre pays développés accentuant leur effort d’un côté (l’UE notamment), pays développés réticents, cherchant à perpétuer leur santé économique au détriment de l’environnement et s’engageant timidement (USA, Chine…) d’autre part, et pays en voie de développement, premières victimes du réchauffement climatique de l’autre.

Parvenir à la signature d’un nouveau protocole est donc l’objectif principal affiché pour cette COP21 à Paris. Plusieurs pays se sont engagés en amont de la Conférence sur des objectifs chiffrés. Cela suffira-t-il ?

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