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Élèves, parents, professeurs... Tout le monde triche !

Si les nouvelles technologies nous simplifient parfois la vie, elles facilitent aussi la triche en classe. Pour contrer le phénomène, des drones de

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Élèves, parents, professeurs... Tout le monde triche !

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Si les nouvelles technologies nous simplifient parfois la vie, elles facilitent aussi la triche en classe. Pour contrer le phénomène, des drones de surveillance ont été récemment utilisés en Chine pour lutter contre la fraude lors des examens. Pourquoi les élèves trichent-ils ? Comment les en empêcher ? Ce sont les thèmes de cette édition.

Afrique du Sud : la pression des classements

Le système éducatif sud-africain est souvent pointé du doigt pour ses mauvais résultats, parmi les pires au monde.
Il faut dire que la plupart des écoles manquent de ressources. Chaque année, à l’annonce des résultats de l’examen national de fin du secondaire, des scandales éclatent. “Aucune école ne veut être placée au bas de l‘échelle ; donc les établissements ont tout intérêt à afficher de bons résultats et s’ils sentent que leurs élèves ne vont pas réussir, ils les aident à le faire,” explique Zubeida Desai, doyenne de l’Université du Cap Occidental.

L’an dernier, la fraude a atteint un niveau sans précédent dans le pays. Un exemple parmi d’autres : à Stonefountain, dans un établissement privé qui accueille principalement des élèves issus de milieux défavorisés, les enseignants ont surveillé des examens dans leur propre matière, contrairement à ce que prévoient les règles académiques. Cela s’est fait sur demande du proviseur. Une quarantaine d‘élèves ont été reconnus coupables de triche. Le proviseur et cinq enseignants ont perdu leur emploi.

Ailleurs dans le pays, des candidats se sont vus interdire de repasser leurs examens pendant trois ans, des surveillants ont fait l’objet de poursuites pénales.

Une université catalane se bat contre le plagiat

Récupérer des contenus sur un site internet, traduire grâce à un outil en ligne ou encore acheter ses devoirs à un tiers… Ce sont quelques-unes des techniques de triche les plus courantes. Celle du copier-coller est devenu un sport national dans de nombreux pays.

Ainsi en Espagne, d’après certaines études, au moins un étudiant sur cinq la pratiquerait. A l’Université ouverte de Catalogne, on s’attaque au problème grâce aux outils informatiques. Depuis cinq ans, des ingénieurs peaufinent un logiciel anti-plagiat qui passe au crible les copies des élèves pour traquer les similitudes et les tricheurs ont la vie dure. Depuis la mise en place de cet outil, le plagiat des bases de données universitaires a baissé de manière spectaculaire et bientôt, ce logiciel permettra de détecter si un texte a été écrit par une autre personne en se basant sur le style de l‘écriture.

Mais pour éviter que les étudiants ne soient tentés de plagier, certains pédagogues appellent les professeurs à repenser leur pratique. Même sentiment parmi les étudiants : en ne tenant pas compte des bouleversements liés à internet, les enseignants laisseraient la porte ouverte à la triche.

Face à l’ampleur du phénomène, de nombreuses universités utilisent désormais des outils de détection car c’est aussi la valeur des diplômes qu’elles délivrent qui est attaquée.

Inde : la quête de réussite n’a pas de limites

En Inde comme dans de nombreux pays, faire des études de médecine par exemple est un moyen de s‘élever dans la société. Or les épreuves d’accès à cette filière dans les universités publiques attirent plus de 600.000 candidats pour à peine 4000 places. “Pour les étudiants, cet examen est important, souligne Dr Anita Spadigam, doyenne de l‘école de médecine de Goa, s’ils échouent et doivent s’inscrire dans le privé, ils devront dépenser beaucoup d’argent pour les frais d’inscription.”

Cette année, la Cour suprême indienne a fait annuler les examens d’entrée en médecine après des fraudes. Les candidats ont utilisé leur téléphone et leur oreillette bluetooth pour communiquer avec des médecins rémunérés.

Un phénomène qui touche tout le pays et toutes les filières : à Bihar, il y a quelques mois, des proches de candidats à l’examen de fin du secondaire sont allés jusqu‘à escalader les murs du lycée dans lequel ils se trouvaient pour leur faire passer les réponses.