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Un pape, des papamobiles

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Un pape, des papamobiles

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Les temps changent. Les images immuables du pape se déplaçant en papamobile « made in Germany » appartiennent au passé. Depuis son élection en 2013, le pape François n’a pas affiché de prédilection pour une marque en particulier. Lors de ces récentes visites pastorales en Amérique du Sud, à Cuba et aux Etats-Unis, le successeur de Saint-Pierre s’est déplacé dans de nombreux véhicules. Seul trait d’union entre ces derniers, la plaque minéralogique « SCV 1 », SCV pour Stato della Città del Vaticano et 1 indiquant le véhicule du pape, qui est identique. Dans quelles voitures François a-t-il donc posé son saint séant ? Ouvrons les portes des dernières en date !

Après son passage historique à Cuba, le pape est arrivé le 22 septembre aux Etats-Unis dans le Maryland. François a été accueilli sur le tarmac de la base aérienne Andrews par le couple présidentiel Michele et Barack Obama, ainsi que leurs deux filles. Pour son premier voyage officiel chez l’oncle Sam, Jorge Mario Bergoglio, dans le civil, a également était salué par une foule qui a scandé à son honneur un « Welcome to USA, Franciso ! ». Pour quitter l’aéroport, François a pris place dans une Fiat 500L noire pour se rendre dans la nonciature apostolique (l’équivalent d’une ambassade) du Vatican à Washington. Le contraste a été pour le moins saisissant entre l’énorme limousine dans laquelle la famille Obama s’est engouffrée et la petite voiture italienne du pape. Mais cette voiture n’est pas une inconnue sur le sol américain.

Après avoir racheté le groupe Chrysler en 2009, Fiat a amorcé son retour aux Etats-Unis en 2010 en lançant sur place son emblématique nouvelle 500. Depuis ce modèle a trouvé sa place sur ce marché dominé par les énormes pickups. A titre de comparaison le modèle le plus vendu, le Ford F150 mesure plus de 6 mètres de long, soit pratiquement deux fois plus que la Fiat 500 !

La voiture dans laquelle le pape Francois a embarqué, une 500L, est une déclinaison familiale, pourvue de 4 portes, de la traditionnelle 500, qui ne dispose, elle, que de deux portes. Fiat a en effet décidé de surfer sur la popularité de sa toute petite voiture pour créer véritable famille autour de la 500. Récemment un crossover, le 500X, a été introduit dans la gamme.

Tous ces véhicules sont commercialisés outre-Atlantique. Rien de bien étonnant donc qu’un pape roule dans une voiture italienne, pardon, italo-américaine, aux Etats-Unis. Un pays dans lequel le pape va rester six jours en tout, entre réception à la Maison blanche, au Congrès et à la tribune des Nations unies. Le souverain pontife présidera également dimanche matin une messe en pleine air à Philadelphie, où plus d’un million de personnes sont attendues, avant de quitter le sol états-unien le lendemain. Un grand rassemblement que le pape rejoindra dans une Jeep Wrangler, un autre modèle du groupe Fiat Chrysler, spécialement modifiée pour l’occasion et déjà aperçue lors de son voyage en Equateur en juillet dernier et plus « conforme » aux canons de la papamobile traditionnelle.

Avant de se rendre aux Etats-Unis, François a passé quatre jours à Cuba, où l’un des points d’orgue de sa visite a été sa rencontre avec le « Líder Máximo », Fidel Castro. Lors de cette étape cubaine, le pape a célébré plusieurs messes en plein air où il a communié avec le peuple de l’île des Caraïbes. Le natif de Buenos Aires a pu mesurer la ferveur des fidèles lors de déplacements effectués à bord d’une papamobile Peugeot. Peugeot, vous avez dit Peugeot ? Si la marque française au lion est familière pour bon nombre de Sud-Américains, les Cubains sont plus habitués aux antiques américaines des années 50 pré-révolutionnaires et autres productions soviétiques (Moskovitch, Lada, etc.). Peugeot est présent en Amérique du Sud depuis les années 50.
Or, si depuis début 2014, les Cubains peuvent théoriquement acheter des véhicules neuf étrangers, en raison d’une mesure libéralisant leur vente, la réalité est toute autre.
En effet le marché est contrôlé par un conglomérat d’Etat. Ce dernier, responsable de toute la filière, fixe également le prix des véhicules importés. Quelques marques ont ouvert des concessions dans le pays, mais le montant exorbitant des voitures repoussent les potentiels clients. Par exemple dans le cas Peugeot, une berline 508 coûte l’équivalent de plus de 200 000 € et pour une citadine 206, c’est plus de 80 000 € qui sont réclamés !

Concernant la papamobile, le souverain pontife a pris place dans une Hoggar, un pickup sur base de 207. Ce modèle, fabriqué au Brésil, est très populaire en Amérique du Sud, mais n’est pas présent sur le marché européen. Trois Hoggars ont été préparées et modifiées pour le voyage du Pape : couleur blanche, toit en polycarbonate transparent, etc…

Ce n’est pas la première fois que le pape se déplace dans une Peugeot. Lors d’un précédent voyage au Paraguay en juillet dernier, le Pape François a effectué quelques tours de roues dans la même 405 que l’un de ses prédécesseurs, Jean-Paul II qui l’avait utilisée il y a 27 ans.

Déjà dans les années 80, le pape polonais s’était déjà déplacé dans en Peugeot, une 504, lors de différents voyage en France. Ce modèle spécialement modifié est religieusement conservé au musée de la marque, implanté dans son berceau historique, le département du Doubs dans l’est de la France.

Ce ne sont là que quelques exemples. D’autres marques ont également proposé leur production au Vatican, comme Isuzu, Hyundai ou plus traditionnellement Mercedes-Benz. Pour ces constructeurs l’opération est-elle rentable ? Ils espèrent sans doute profiter de l’aura du Saint-Père en réalisant une divine opération de communication.