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Élections : ces Portugais qui espèrent le changement


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Élections : ces Portugais qui espèrent le changement

Tous les samedis, Laura Lavandeira se rend au marché, mais ses habitudes de consommation ont changé au cours des dernières années. Sa retraite a en effet été réduite d’environ 500 euros par mois suite aux mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement portugais.

‘‘Dans mes courses quotidiennes, j’achète uniquement des produits essentiels, dit-elle. Je préfère le poisson à la viande, mais je dois acheter des poissons moins chers qu’avant. Je suis très attentive aussi au choix des légumes. J’ai grandi en Afrique, j’adore les fruits tropicaux, mais je n’en n’achète plus, car ils sont beaucoup plus chers.’‘

Non seulement Laura dispose d’une retraite moins élevée qu’avant, mais elle doit en plus aider sa fille, qui est au chômage depuis quatre ans. Et elle a aussi sa petite fille.

Les mesures d’austérité l’ont incitée à réagir. À 75 ans, elle vient d’adhérer, pour la première fois de sa vie, à un parti politique : le ‘‘Parti uni des retraités’‘, qui est en lice pour les prochaines élections parlementaires. Une première pour cette nouvelle formation.

‘‘Vous voulez que le Premier ministre s’en aille’‘, demande Laura à une vielle dame.

‘‘Oui, bien sûr’‘, lui répond-elle.

Laura dénonce la politique du gouvernement : ‘‘Ils ont fait des coupes budgétaires partout. Rien ne nous appartient dans ce pays. Durant toute cette période, j’ai assisté à la désintégration du système d‘éducation et de santé. Tout est décadent ; si nous ne nous battons pas, qui va se battre ?

Filipa Soares, euronews : ‘‘Pensez-vous que l’orientation du pays peut changer avec un nouveau gouvernement, quel que soit le parti qui l’emporte ?’‘

Laura : ‘‘J’espère que si certains d’entre nous sont élus, nous pourrons contribuer à cette nouvelle orientation. Si les choses continuent sur cette voie, je n’ai absolument aucun espoir. Car ce sera plus ou moins la même chose.’‘

Nélson appartient à une autre génération, mais sa vie n’est pas plus facile. Il cumule trois emplois pour gagner, après déduction des frais, environ 650 euros par mois. ‘‘Là, je viens de travailler jusqu‘à 6 heures du matin comme gardien de sécurité, explique-t-il. J’ai dormi trois heures et demi, quatre heures, ce qui est habituel. Ensuite, j’ai donné des cours jusqu‘à 13h. Et à 15h30, je commence à la salle de gym, où je travaille jusqu‘à 19h30. Ensuite, j’ai deux heures pour manger, prendre ma douche, faire une sieste, puis j’enfile à nouveau mon uniforme de vigile jusqu‘à 7 heures du matin.

À 30 ans, ce champion du monde de kickboxing n’a pas d’autre choix que d’habiter chez ses parents. Mais il ne perd pas espoir. Il rêve d’avoir un contrat et les mêmes droits que n’importe quel salarié.

‘‘Je vais voter. J’espère que le nouveau gouvernement va tout faire pour que la situation s’améliore, mais pas seulement pour les travailleurs précaires comme moi. J’espère qu’il va essayer de résoudre tous les autres problèmes que rencontre notre pays.

Filipa Soares, euronews : Les Portugais, jeunes comme moins jeunes, ne semblent pas faire confiance aux hommes politiques. Et beaucoup pensent que les prochaines élections n’apporteront pas de grands changements.’‘

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