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Plus question d'apprendre par coeur, il faut penser et s'exprimer !

Améliorer les performances des élèves, c'est bien sûr l'objectif de toutes les réformes dans l'enseignement. Aux antipodes l'un de l'autre, la Finlande et le Japon ont pris un nouvel élan en met

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Plus question d'apprendre par coeur, il faut penser et s'exprimer !

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Analyser la situation, voir ce qui se passe ailleurs et trouver la bonne réforme… Les gouvernements n’ont pas la tâche facile quand ils veulent améliorer leur système éducatif et il n’y a pas de méthode miracle. Certains pays pourtant réussissent à tirer leur épingle du jeu.

Finlande : à l‘école des compétences

La Finlande est un élève modèle que l’on retrouve toujours dans le haut des classements PISA. Pour autant, elle ne se repose pas sur ses lauriers : depuis peu, elle met davantage l’accent sur l’acquisition de compétences que sur l’apprentissage traditionnel matière par matière.

Les instances éducatives ont mis en place au niveau du primaire, un nouveau Programme de base qui vise à développer les compétences des enfants : par exemple, leurs capacités de réflexion et d’adaptation au monde professionnel et à des contextes internationaux ou leur maîtrise des nouvelles technologies. “Le monde autour de nous est en train de changer, explique Eija Kauppinen, conseillère en éducation à l’Office national finlandais pour l‘éducation, je crois que tous ces changements ont un impact sur leur environnement éducatif et quotidien ; donc on doit se demander de quels types de compétences ils auront besoin à l’avenir.”

Nous nous sommes rendus à l‘école primaire et secondaire Hiidenkivi à Helsinki pour voir comment ce programme est mis en pratique. Pour leur leçon de finlandais, des élèves de treize ans vont pendant trois heures, exprimer leurs propres idées, travailler en groupe et échanger autour d’articles qu’ils ont choisis. L’archéologie, le sport et les réfugiés sont le thèmes qu’ils ont retenus, ils seront ensuite abordés de manière transversale dans différentes matières. On ne leur demande plus d’apprendre et de reformuler, mais de produire leur propre contenu.

La Finlande peut-elle servir d’exemple pour d’autres pays ? Pour Petteri Elo, consultant en matière d‘éducation qui intervient dans l‘école Hiidenkivi, la réponse est oui. Il s’apprête à passer trois mois aux Etats-Unis pour expliquer les réformes finlandaises. Mais il tempère : “Si dans un système éducatif donné, les méthodes d‘évaluation des élèves restent focalisées sur le contrôle des connaissances pures, dit-il, je crains que notre enseignement transversal par thème ne soit pas adapté.”

Cette approche finlandaise novatrice qui sera étendue dans le pays, au niveau du secondaire l’an prochain a été saluée par l’“OCDE”:http://www.oecd.org/edu/reformsfinder.htm qui l’a qualifiée de réforme éducative la plus remarquable au niveau international.

Japon : langues et réflexion personnelle

Le comportement exemplaire qui caractérise bien des Japonais prend racine dans les écoles du pays où l’enseignement est très strict et exigeant. Pour être un bon élève, il fallait mémoriser, rester silencieux et ne pas interrompre l’enseignant. Mais avec les difficultés économiques, le gouvernement du Japon s’est rendu compte de la nécessité de changer la manière dont les enfants apprennent, se comportent et voient le monde. “Ce qui explique le déclin économique du Japon, indique le professeur Tetsuo Tamura, universitaire de renom et ancien collaborateur de l’Unesco, c’est le fait que le pays n‘était pas en phase avec la mondialisation. Donc, le pays a pris une nouvelle direction pour devenir mondialisé, ajoute-t-il, et les lycées sont concernés par ce projet.”

Tetsuo Tamura dirige le lycée Makuhari, l’un des 56 établissements choisis par les instances éducatives japonaises pour mener un “programme baptisé “Lycée super-mondialis锓:http://monitor.icef.com/2014/02/japanese-education-reforms-to-further-prepare-students-for-globalised-world/. Objectif : encourager les élèves à penser par eux-mêmes afin qu’ils soient initiateurs de changements et moteurs dans chaque pan de la société. Pour apprendre les langues, on a par exemple fait évoluer les cours d’expression orale. “On fait en sorte que les sujets abordés leur soient familiers, souligne Hanako Tomita, professeur d’anglais, (…) on veut qu’ils parlent de choses personnelles. Comme cela, ils s’ouvrent un peu, ils ont plus de choses à raconter et cela les aide à manier la langue plus efficacement,” assure-t-elle.

Dans chaque lycée sélectionné pour le programme, un thème a été retenu pour mener à bien une approche trans-disciplinaire. Dans l‘établissement du professeur Tamura, on étudie la cuisine japonaise sous différentes perspectives. Les lycéens sont confrontés à des notions de savoir-vivre, de commerce et de culture et incités à échanger entre eux. Apprendre par l’expérience est aussi au coeur de ce nouveau programme. Au club de robotique, on en voit déjà les résultats : plusieurs réalisations de lycéens ont remporté des prix lors de compétitions universitaires.