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Bourses mondiales : le pire troisième trimestre depuis quatre ans

L’automne rime avec morosité sur les places financières mondiales dont les indices ont fortement chuté dans le rouge entre juillet et septembre. Le

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Bourses mondiales : le pire troisième trimestre depuis quatre ans

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L’automne rime avec morosité sur les places financières mondiales dont les indices ont fortement chuté dans le rouge entre juillet et septembre. Le total des pertes enregistrées à l‘échelle de la planète sur cette période est estimé à environ 10 mille milliards d’euros. Le trimestre qui vient de s’achever est ainsi le plus mauvais depuis quatre ans.

Point of view

"Ce mauvais troisième trimestre pourrait encore avoir un effet négatif sur le quatrième"

Les places asiatiques enregistrent les plus lourdes pertes

Ce sont les Bourses asiatiques qui ont été les plus durement touchées. Le plongeon enregistré le lundi noir du 24 août dernier à Shanghai s’est fait ressentir jusque fin septembre. La place chinoise a ainsi achevé la période sur un recul de plus de 26%. A Hong Kong, la chute était de plus de 27%, de plus de 20% à Singapour. Quant à l’indice Nikkei japonais, il affichait une perte de 12%.

Au Moyen-Orient, ce sont surtout les marchés des pays du Golfe et de l’Egypte qui ont vécu trois mois éprouvants,
en particulier avec la baisse des prix du pétrole, même si on constate des disparités : à Abu Dhabi et Dubaï, le recul était d’environ 12% tandis que les pertes atteignaient plus de 14% au Caire et 18% en Arabie Saoudite.

En Europe aussi, ce trimestre est synonyme de plus mauvaise performance depuis 2011. Facteurs aggravants : la crise des migrants, la situation financière et politique de la Grèce et le scandale Volkswagen.

A l’issue de ce trimestre, le DAX allemand déclinait de près de 13% ; le recul atteignait plus de 11% en Espagne et au Royaume-Uni alors que la France limitait relativement les pertes à près de 8%.

Aux Etats-Unis, Wall Street n’a pas non plus été épargné pour cette vague baissière. La Réserve fédérale américaine l’a d’ailleurs amplifié en reportant plusieurs fois une potentielle hausse de ses taux d’intérêt. L’indice Standard and Poor’s 500 terminait le trimestre en perdant plus de 7% et le Dow Jones, plus de 8%.

Le monde de la finance attend désormais la publication toute prochaine des résultats d’entreprises. Elles sont nombreuses à avoir déjà présenté des prévisions plus pessimistes que prévu pour 2016.

Pour analyser ces performances, nous avons interrogé comme à l’accoutumée, Nour Eldeen Al-Hammoury, responsable en chef des stratégies marchés chez ADS Securities à Abu Dhabi.

Daleen Hassan, euronews :
“Les marchés mondiaux ont achevé le troisième trimestre sur des pertes significatives. Quel niveau plancher pourrait être atteint ? Comment voyez-vous les choses ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury, responsable en chef des stratégies marchés chez ADS Securities :
“Actuellement, l’incertitude ambiante continue de peser sur les marchés, en particulier après la publication du rapport sur l’emploi aux Etats-Unis la semaine dernière. Les perspectives pour les prochains mois restent peu claires comme il n’y a pas de données économiques solides pour établir des estimations. Mais ce qu’on peut dire, c’est que ce mauvais troisième trimestre pourrait encore avoir un effet négatif sur le quatrième. Donc il faut que les traders soient très prudents dans les semaines à venir.”

Les tensions géopolitiques fragilisent les Bourses du Moyen-Orient

euronews :
“A l’image des marchés mondiaux, les places du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont été touchées par des cours du pétrole plus faibles. Quels autres éléments pourraient les pénaliser dans les prochains mois ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Bien sûr, les cours des actions des entreprises de la région sont toujours influencés par les évènements mondiaux. Mais les prix du pétrole restent le principal moteur de leur évolution. Malgré une certaine stabilisation, on a aussi assisté à des baisses qui n’ont pas aidé ces actions. D’ailleurs, les tensions géopolitiques dans la région, notamment au Yemen, ont aussi mis davantage de pression sur les marchés. Les estimations sont bien sûr liées au climat mondial général. Mais si les tensions se poursuivent, cela pourrait continuer à peser sur les places de la région, en particulier après l’intervention russe en Syrie.”

euronews :
“Comme on le sait, quand les marchés affichent de mauvaises performances, beaucoup se tournent vers des valeurs refuge. Pourquoi l’or n’a-t-il pas profité de cette situation ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“Les cours de l’or dépendent habituellement de deux facteurs : les craintes liées à l’incertitude et à l’inflation. Ces derniers mois, l’incertitude quant aux perspectives mondiales a maintenu l’intérêt pour l’or pendant un certain temps et on peut dire que l’incertitude a stoppé la forte chute des cours de l’or cette année.
Quant à l’inflation, les prévisions quant à son évolution future indiquent nettement une tendance à la baisse et il n’y a pas de protection possible contre l’inflation. Donc quand les estimations sur l’inflation seront de nouveau meilleures, l’or pourrait en profiter davantage qu’aujourd’hui.”

Une incertitude persistante sur les marchés

euronews :
“Tous les regards sont désormais tournés vers les résultats des entreprises. Or avant la présentation de ces chiffres, certaines ont revu à la baisse leurs prévisions. Faut-il y voir une manoeuvre d’anticipation pour minimiser de mauvais résultats ? Qu’en pensez-vous ?”

Nour Eldeen Al-Hammoury :
“C’est tout-à-fait possible. Comme on le sait, le troisième trimestre a été le plus mauvais depuis des années. Une situation qui a bien sûr poussé les entreprises à revoir leurs estimations à la baisse, en particulier concernant la demande mondiale, mais aussi leurs bénéfices. Pour autant, il faut encore attendre de nouveaux éléments pour nous prononcer et examiner les bénéfices du troisième trimestre. Les prévisions peuvent s’avérer vraies ou fausses.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les sociétés d’investissement de capitaux ont réduit leurs estimations et ont aussi décidé de licencier une partie de leurs effectifs. Cela alimente l’incertitude sur les marchés.”