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Air France en quête d'un dénouement apaisé après les violences de Roissy


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Air France en quête d'un dénouement apaisé après les violences de Roissy

Les condamnations sont unanimes ce mardi en France après l’agression physique du Directeur des ressources humaines et du responsable des vols long-courrier d’Air France. François Hollande parle de violences “inacceptables” et de risques de “conséquences sur l’image” de la France. Manuel Valls a, lui, fait le déplacement au siège d’Air France, à Roissy, et taxé de “voyous” ceux qui ont malmené les deux cadres, appelant à des “sanctions lourdes” lorsqu’ils seront identifiés.

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Cinq cadres de l’entreprise ont porté plainte et le parquet de Bobigny a ouvert une enquête. Air France promet de licencier les fautifs.

La situation a dégénéré lundi au cours du comité d’entreprise, lorsqu’a été confirmée la suppression à venir de 2.900 postes. Une manifestation de salariés de la compagnie avait été organisée à cette occasion, et Xavier Broseta (DRH) ainsi que Pierre Plissonnier (activité long-courrier) ont été agressés, leurs chemises arrachées, et les deux hommes ont finalement dû fuir en escaladant les grilles. Sept personnes ont été blessées, dont un vigile, grièvement.

Le syndicat majoritaire des pilotes, le SNPL, a condamné les violences, mais son président, Philippe Evain, a aussi dénoncé de nouveau une “parodie de dialogue social” qui aurait conduit à l‘échec des négociations avec la direction.

“On ne cautionne pas de tels actes, renchérit Christophe Mallogi, du syndicat FO. Mais je pense que c’est dû au ras-le-bol. Les salariés ont fait énormément d’efforts et en même temps, on a des patrons qui nous disent que l’on va licencier, donc ce discours n’est pas acceptable et les salariés l’expriment de manière assez virulente.”

Plus de 5.000 postes ont été supprimés chez Air France entre 2012 et 2014, mais la compagnie reste dans le rouge et la direction propose de couper dans les vols long-courrier, les plus déficitaires : d’ici 2017, neuf avions en moins sur 107, ce qui devrait entraîner 2.900 suppressions de postes (300 pilotes, 900 stewards et hôtesses et 1.700 personnes au sol). Les départs devraient se faire dans un premier temps sur la base du volontariat mais pourraient mener ensuite à des licenciements secs.

Les syndicats ont beau en appeler à une intervention de l’Etat – qui détient 17% du capital -, pour Manuel Valls “la solution doit venir de l’entreprise elle-même”.
Le poids des cotisations sociales, très lourd en France, explique en partie la perte de compétitivité d’Air France, note le quotidien Libération. Mais il ne saurait occulter la tradition de confrontation à la française qui veut que l’on en passe par le bras-de-fer avant d’avoir une négociation apaisée. Retrouver le chemin du compromis sera une gageure à Air France après ce coup d‘éclat qui a fait le tour du monde…

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