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L'Otan en retrait dans la stratégie contre l'Etat islamique en Syrie

A la question, que fait l’Otan en Syrie ? La réponse simple serait : rien. La réalité est plus complexe certes, mais l’Alliance atlantique semble se

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L'Otan en retrait dans la stratégie contre l'Etat islamique en Syrie

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A la question, que fait l’Otan en Syrie ? La réponse simple serait : rien. La réalité est plus complexe certes, mais l’Alliance atlantique semble se cantonner à multiplier les déclarations, et les sermons notamment adressés à la Russie ces jours-ci.

Il faut dire que dès le départ, dès le début de la guerre en Syrie, l’Otan privilégie la solution politique à l’intervention militaire pour résoudre le conflit.

En 2012, son secrétaire général d’alors Anders Fogh Rasmussen déclarait :

La Turquie a demandé le soutien de l’Alliance et nous serons pleinement solidaires avec la Turquie. Parce que c’est de cela qu’il est question au sein de l’Alliance. Et nous avons déjà clairement dit que tout déploiement serait uniquement défensif.”

Lorsque la Turquie, membre de l’Otan inquiète de la guerre qui fait rage à sa frontière, demande la protection de l’Alliance, celle-ci consent donc à déployer des batteries de missiles patriotes pour protéger Ankara d‘éventuelles frappes aériennes. (Cette mission arrive toutefois à son terme en fin d’année, et les Etats-Unis sont en train de retirer les Patriot qu’ils avaient déployés. L’Allemagne a pour sa part prévenu qu’elle mettrait fin à sa participation en janvier 2016.)

Elle s’en tient là, et à des missions de surveillance effectuées par des avions AWACS destinées à rassurer ses membres. Il s’agit de patrouiller dans l’espace aérien à bord d’avions non armés et de fournir quelques informations tactiques aux avions de combat de la coalition.

Dernier sommet de l’Alliance

Lors du dernier sommet de l’Alliance, en septembre 2014, la guerre en Syrie passe au second plan derrière celle en Ukraine. Aucune décision n’est prise.

Quelques jours plus tôt, neuf États de l’OTAN, États-Unis, France, Royaume-Uni, Danemark, Allemagne, Canada, Turquie, Italie, Pologne et Australie s’associaient au sein d’un “noyau de coalition” avec pour objectif de coordonner leurs actions face à la menace de l’Etat islamique.

Cette coalition compte aujourd’hui 22 pays. Beaucoup sont membres de l’Otan, mais aucune action n’est menée à proprement dit au nom de l’Otan dans la lutte contre l’Etat islamique. L’Alliance n’apporte qu’une aide logistique, humanitaire et mène des missions de renseignement.

Le fait est que sans mandat de l’Onu d’une part, dans un pays où le président est toujours en place et toujours soutenu par certains pays de poids, et avec des alliés comme l’Iran et Hezbollah dans la région, l’Alliance atlantique ne prendra pas en Syrie, le risque qu’elle avait pris en Lybie.

Malgré tout, Jens Stoltenberg soutient que l’Alliance n’est pas inactive en Syrie.

Bref, tout cela semble bien cacophonique, autant que le “We are the world” entonnés par les membres de l’Alliance en mai dernier en Turquie…