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Festival Lumière : les vikings débarquent à Lyon

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Festival Lumière : les vikings débarquent à Lyon

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Une place d’honneur était réservée cette année au Festival Lumière à Lyon au cinéma danois. Deux de ses représentants étaient là en la personne de

Une place d’honneur était réservée cette année au Festival Lumière à Lyon au cinéma danois. Deux de ses représentants étaient là en la personne de l’acteur Mads Mikkelsen et du réalisateur Nicolas Winding Refn.

Les deux sont revenus sur le film “Pusher”. Un film qui en 1996 avait vu leurs débuts

Mads Mikkelsen : “C‘était plus l‘énergie qui nous conduisait plutôt que l’envie de faire quelque chose qui n’avait pas encore été fait, parce que cela avait été fait mais pas à notre manière. On voulait parler à notre façon et comme tu as dit, la meilleure chose qui puisse se passer c’est que des gens fassent leurs films comme ils l’entendent et non pas à notre façon.”

Nicolas Winding Refn : “Je crois qu’il est important de faire quelque chose de différent que ce soit bon ou mauvais n’a pratiquement pas d’importance. La créativité dépend plus d’un flot d‘émotions qui vous pénètre qui vous inspire ou qui vous affecte, que vous l’aimiez, que vous le détestiez, c’est le but. Je dis toujours, la diversité est reine.”

Selon Mikkelsen “Pusher” est le film qui a inspiré Lars Von Trier et Dogme 95, un mouvement d’avant-garde qui refusait artifices et effets spéciaux.

Mads Mikkelsen : “On a fait le film sans aucune règle, sans règle d‘éclairage, sans argent, sans costumes, sans son… On l’a fait parce qu’on n’avait pas d’argent. Si on avait eu plus d’argent on l’aurait mis dans le film, et je pense que cette énergie rock and roll était une inspiration et si le Dogme ne veut pas l’admettre, ce n’est pas vraiment mon problème.”

Ce Pusher allait donner lieu à une trilogie dans laquelle se sont retrouvés l’acteur et le réalisateur. Lesquels ont fait ensuite avec plus de moyens, Valhalla Rising.

Nicolas Winding Refn : “Nous ne sommes pas très semblables. Nous ne nous voyons pas en dehors du travail, on vit très loin l’un de l’autre. Mais quand on travaille nous sommes très unis, comme une personne, et ça dès le début. Ça fonctionne mieux que ce que je peux l’expliquer en fait…”

Ancien danseur venu tard devant une caméra, il a commencé à 30 ans, Mikkelsen s’est révélé être d’une grande polyvalence. Il rafle le prix d’interprétation masculine à Cannes pour son jeu dans “La Chasse” de Thomas Vinterberg.
Un an plus tard Nicolas Winding Refn recevait le prix de la mise en scène pour “Drive” un film particulièrement sombre.

Mads Mikkelsen : “Je crois qu‘à l’intérieur de ce côté sombre il y a aussi beaucoup de lumière et on peut voir aussi beaucoup de lumière dans les films de Nicolas et comme j’ai l’habitude de le dire “Buster Keaton” ne rit jamais et pourtant quand il le fait c’est le ciel qui s’ouvre. Et c’est ce dont nous sommes tous les deux tombés amoureux : il y a beaucoup de lumière dans ces ténèbres.”

Nicolas Winding Refn a profité du festival Lumière pour présenter son nouveau livre qui compile des affiches de films américains de série B dans les années 60 : “J’aime tout ce qui est cinéma extrême mais j’aime aussi le cinéma qui a été fait sous la censure parce que d’une certaine façon c’est beaucoup plus sexy quand c’est subliminal. Il y a aussi ce cinéma populaire auquel nous nous référons et qui se lève contre l’autorité, qui est rebelle. Une importante partie de la créativité vient de cette rébellion contre le bon goût.”

Au rayon des projets, Nicolas Winding Refn travaille sur un film d‘épouvante “The Neon Demon’ avec Elle Fanning, Christina Hendricks et Keanu Reeves. Quant à Mads Mikkelsen on le retrouvera dans la Guerre des étoiles.
Mads Mikkelsen : “Si j’en dis un seul mot je me fais crucifier, pendre et brûler demain. Ce n’est donc pas une bonne solution pour moi que d’en parler…