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Le "théâtre de nécessité" de la compagnie russe KnAM

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Le "théâtre de nécessité" de la compagnie russe KnAM

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Créée en 1985 dans une petite ville de l’Extrême Orient russe, la compagnie KnAM est devenue une habituée du festival international de théâtre Sens

Créée en 1985 dans une petite ville de l’Extrême Orient russe, la compagnie KnAM est devenue une habituée du festival international de théâtre Sens interdits, à Lyon, dont c’est la 4ème édition.
Cette année, elle met en scène au théâtre des Célestins “Le songe de Sonia”, une pièce sur le thème du suicide.

Le théâtre de KnAM, une troupe que le directeur du Festival Patrick Penot a découverte en 2011, représente selon lui le” symbole vivant” du festival, qui s’emploie à défendre, tous les deux ans, le “théâtre d’urgence”.

“Nous savons qu’il y a une spécificité dans ce théâtre KnAM qui est né en Komsomolsk-sur-l’Amour, à 8000 kilomètres de Moscou, sur l’embouchure de l’Amour! Ce petit théâtre, tout petit, est devenu un des épicentres du théâtre documentaire mondial”, estime Patrick Penot, directeur artistique de festival Sens interdits.

Le registre du théâtre documentaire ausculte des faits politiques ou sociaux. La compagnie KnaM, qui s‘était déjà intéressée à la guerre en Thetchenie, propose cette fois une création sur le suicide, inspirée de la nouvelle “Le Songe d’un homme ridicule” de Dostoïevski mais aussi d’une expérience réelle : la tentative de suicide de Sonia, une jeune fille que la troupe connaissait bien.Cependant, elle n’a rien vu venir.

“Les gens quittent cette planète de leur plein gré, ils ne veulent pas vivre avec nous, vous comprenez cette tragédie? Chaque année, c’est l‘équivalent d’une ville de la taille de Berlin qui disparaît ainsi. D’une façon générale, nous avons fait fausse route, nous somme dans une impasse. A mon avis, c’est un des principaux problèmes d’aujourd’hui, c’est plus effrayant que toutes les guerres et les réfugiés, qui sont aussi provoquées par notre manque d’attention”, explique Tatiana Frolova, directrice artistique du théâtre et metteur en scène.

Premier théâtre privé créé en Union soviétique, KnAM s’inspire du théâtre réaliste russe auquel il associe la vidéo, la photo ou la peinture. La compagnie ne reçoit aucune subvention et défend sa liberté de ton. Les 5 membres de la troupe sont pleinement investis.

“Quand il y a un thème qui te prend au tripes, une idée que tu veux exprimer à tout prix, cela s’exprime par le regard. L’acteur n’a que son corps. Et ce corps ne ment pas, il peut être très éloquent”, considère l’actrice Elena Bessonova.

La troupe de Komsomolsk-sur-Amour continue de tisser sa toile en France et sera prochainement à Montpellier, à Marseille et à Paris.
Quant au prochain spectacle de KnAM , il sera consacré à la “génération perdue” des années 90, génération qui s’est construite sur les ruines de l’Union soviétique.