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Turquie : le vote kurde, une des clefs du scrutin


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Turquie : le vote kurde, une des clefs du scrutin

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Le vote kurde sera décisif dimanche en Turquie pour les élections législatives anticipées.
En juin, six millions d‘électeurs, sur les 54 millions que compte le pays, ont voté pour le HDP, le parti démocratique du peuple, plutôt à gauche et pro-kurde. Ce qui s’est traduit par plus de 80 sièges au parlement et la fin du règne de 13 ans d’un seul parti, l’AKP, le parti de centre droit, justice et développement d’Erdogan.

A Esenyurt, un quartier d’Istanbul où vit une importante communauté kurde, notre correspondant a discuté avec une famille des différences entre les Kurdes du sud-est du pays et ceux des grandes villes turques, un électorat apparemment différent.

Installée depuis 20 ans ici avec la majorité de sa famille, Husna Kaplan soutient le HDP et a dit “vouloir la paix et plus de tranquillité”, alors qu’un autre membre de la famille, Onur déclarait : “si vous vivez dans le sud-est, vous êtes confrontés aux politiques de l’Etat, aux opérations militaires, mais dans l’ouest les Kurdes n’ont pas les mêmes soucis. Nous ne pouvons pas dire que nous sommes assimilés, mais nous sommes loin de la région kurde, nous sommes loin des pressions psychologiques. Il y a peut-être des différences dans la façon de voter parce que nous sommes différents, nous ne vivons pas la même chose.“.

Notre correspondant Bora Bayraktar est aussi allé à la rencontre d‘Ümit Fırat, un activiste politique kurde et auteur. Il lui a demandé ce qu’il pensait de l’escalade de la violence et de la fin du processus de paix entre Ankara et les séparatistes kurdes du PKK.

Bora Bayraktar :
“La Turquie se rend aux urnes dans un état d’esprit très différent des élections de juin. Pouvez-vous définir cette atmosphère pour ce qui est de la question kurde ?”

Ümit Fırat :
Nous sommes dans un moment très différent comparé aux élections du 7 juin. Il y a une violence très forte et des combats, une sorte de guerre. Dans une telle situation, il ne peut pas y avoir de véritable campagne électorale. Il n’y a pas de discussion dans la région kurde, ces élections ont lieu dans un climat beaucoup plus tendu que lors de l’escalade de violences des années 90.

Bora Bayraktar :
“Comment évaluez-vous les relations entre le HDP et le PKK ?”

Ümit Fırat :
Le PKK a élargi ses frontières dans la région. Ils ont des organisations en Irak et en Syrie. Mais le HDP est la branche légale du PKK en Turquie et il est limité à la Turquie, il n’est actif qu’en Turquie. C’est comme cela qu’on doit voir le HDP, c’est le parti politique kurde de la Turquie, point.

Notre correspondant a également rencontré Atilla Sandikli, un officier de l’armée à la retraite, expert en terrorisme. Il fait état d’un lien de plus en plus fort entre le pouvoir politique turc et le conflit régional.

Bora Bayraktar :
“La Turquie redémarra-t-elle les négociations de paix avec le PKK après les élections ?”

Atilla Sandıklı :
La réponse est directement liée aux résultats des élections. Si l’AKP redevient majoritaire, il continuera les opérations militaires. Quand le PKK deviendra marginal ou s’il retire ses groupes armés de la Turquie, on peut espérer que le processus de paix, qui a été gelé, puisse reprendre pour plus de démocratie, de liberté et de développement économique dans la région. En revanche, on peut attendre des opérations plus dures contre le PKK si l’AKP doit former un gouvernement avec le MHP, le parti d’action nationaliste.

Et notre correspondant de conclure, “la communauté kurde est importante dans les grandes villes turques où beaucoup migrent. C’est pour cette raison que les partis politiques se battent particulièrement ici pour gagner leurs voix.”

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