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Davutoglu, l'artisan de la victoire d'Erdogan


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Davutoglu, l'artisan de la victoire d'Erdogan

Ahmet Davutoglu peut laisser éclater sa joie. Le Premier ministre turc a réussi la mission que lui avait confiée le président Erdogan : redonner la majorité absolue à l’AKP. Après la victoire, il s’est adressé à ses partisans depuis son fief de Konya, en Anatolie centrale. “C’est un jour de modestie, car c’est la victoire de notre nation. J’espère que nous serons à la hauteur des attentes pendant les quatre prochaines années et que nous serons encore là en 2019. Que Dieu nous protège de la honte. Que Dieu vous protège du mal”, a-t-il lancé à la foule.

Qualifié de “marionnette d’Erdogan” par ses détracteurs, Ahmet Davutoglu ressort grandi après cette victoire, qui efface son cuisant revers lors des législatives du 7 juin et l‘échec des négociations avec les autres partis en vue de former une coalition.

La stratégie de l’AKP s’est révélée payante. Recep Tayyip Erdogan s’est mis davantage en retrait pour laisser plus de place à son Premier ministre. Et il fut moins question du projet de régime présidentiel, considéré comme l’une des raisons du recul de l’AKP lors du précédent scrutin.

Ahmet Davotuglu avait pris la tête du Parti pour la justice et le développement en août 2014, après avoir occupé pendant cinq ans le poste de ministre des Affaires étrangères. Il partage la même vision de la Turquie que le président Erdogan : celle d’une puissance islamique régionale.

En permettant à l’AKP de retrouver la majorité absolue au Parlement, le Premier ministre conforte sa position de leader politique et renforce le pouvoir du President. Mais pour Cengiz Aktar, professeur en Affaires turques à l’université Bahçeşehir, cela pourrait ressembler aussi à un cadeau empoissonné. “Erdogan va-t-il abandonner ses rêves d’un nouveau régime, un régime présidentiel, sans séparation des pouvoirs ? Car il doit avant tout faire face à de nombreux défis. Comment va-t-il gérer la question kurde ? Comment va-t-il affronter les problèmes économiques ? Car la Turquie est dans une impasse.”

Bien d’autres défis attendent le Premier ministre après cette victoire, à commencer par la Syrie et le problème de l’‘infiltration des djihadistes au sein de la société turque.

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