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Turquie : la communauté kurde en mal d'avenir


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Turquie : la communauté kurde en mal d'avenir

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Au soir même des résultats des législatives en Turquie, les Kurdes de Diyarbakir oscillaient entre joie et colère. Celle-ci l’emporta brièvement, le temps de quelques échauffourées. C’est surtout l’incompréhension qui domine, au surlendemain de ces élections. Comment le HDP a-t-il pu perdre autant de voix en quelques mois seulement ?

Le Parti démocratique des peuples, lié au mouvement kurde, qui était arrivé en troisième position lors des élections de juin, n’a pas tout perdu puisque qu’il passe le seuil nécessaire de 10 % pour entrer au parlement, mais il chute de plus de deux points, et avec lui, les espoirs de cette communauté de faire entendre sa voix.

Il est d’ailleurs fort probable que certains des habitants de la ville et de la région se soient ralliés à l’AKP : les plus conservateurs, inquiets de la tournure qu’ont pris les évènements ces derniers mois.

Avec pour toile de fond la guerre en Syrie, depuis l‘été, et l’offensive simultanée menée par le gouvernement contre le groupe Etat islamique et les rebelles kurdes, la situation s’est dégradée.
Le cessez-le-feu entre le PKK et Ankara a volé en éclats.
Le sud-est du pays est depuis deux mois en quasi état de guerre. S’y affrontent les forces de l’ordre et les rebelles du PKK, notamment les jeunes.

La violence de ces derniers servant une autre cause que la leur :

Les violences de la branche jeunesse du PKK (YDGH) ont été instrumentalisées par l’AKP pour faire regretter leur choix aux électeurs du HDP et les attirer de leur côté, du côté de la stabilité politique en leur promettant le retour de la paix. C’est ce qui a fait la différence“ estime Eyup Burc, rédacteur en chef de la télévision pro-kurde IMC TV.

Situation de guerre civile au sud, et puis ces attentats du 15 octobre à Ankara qui ont fait 102 morts dans une manifestation pacifiste… La manifestation avait été convoquée par des partis de gauche et le parti pro-kurde HDP pour protester contre la reprise des affrontements entre Ankara et le PKK.

Cette situation sécuritaire ultra-sensible semble avoir servi les ambitions électorales du Président Erdogan, mais le place dans une position à présent inconfortable et complexe.

Erdogan doit unir à nouveau ce qui a été divisé ces cinq derniers mois et nous l’appelons à le faire d’une manière sage et non militante comme il l’a fait ces cinq derniers mois“ a déclaré Andreas Gross, chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), observateur des élections.

Pour l’heure, Erdogan poursuit sa répression des rebelles du PKK. A Dyarbakir, on continue pourtant de s’interroger sur la renaissance ou non d’un processus de paix entre Ankara et le PKK. La situation sécuritaire ayant un peu plus divisé une communauté en mal d’avenir.

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